Une nouvelle maladie vectorielle aux portes de l’Europe

Clothilde Barde | 28.01.2019 à 09:51:49 |
vaches israel
© georgeclerk - iStock

Les experts de la plateforme d’épidémiosurveillance de santé animale (ESA) ont annoncé le 21 janvier dernier la présence d’un nouveau virus vectorisé en Isräel.

C’est une première hors des territoires Australien et Japonais. En avril 2017,  le virus Peaton a été retrouvé chez un bovin en Israël. En effet, jusqu’à présent, les arbovirus du sérogroupe Simbu (un des plus grands sérogroupes du genre Orthobunyavirus) transmis par les arthropodes du genre culicoïdes, n’avaient été détectés que dans certaines régions du monde. En Australie, au Japon, en Israël et au Kenya il s’agit du virus Akabane et en Europe du Nord et centrale du virus Schmallenberg. Ils ont eu de graves conséquences chez les ruminants domestiques (avortements, malformations, morts nés par passage viral transplacentaire) lors des deux dernières décennies. Le virus Peaton, de la même famille, était alors délimité aux régions d’Asie du Sud Est et d’Océanie.
Une circulation virale à bas bruit
Or en avril 2017, c’est sur un veau d’un mois que ce virus a été détecté en Israël mais aussi dans deux gîtes de Culicoïdes imicola à deux endroits différents du pays, au cours de l’été et de l’automne de la même année. Dans le même temps, une étude sérologique rétrospective menée en 2018 a suggéré une circulation du virus dans cette région entre 2008 et 2014 (Brenner et al.). Le territoire de présence du virus s’étend donc progressivement et il conviendra, pour le différencier au mieux des autres virus du sérogroupe Simbu, d’avoir recours à une détection génomique du virus et non pas aux tests de neutralisation (risques de réactions sérologiques croisées) selon les experts. Dans le cas du veau d’un mois  identifié porteur du virus Peaton en avril 2017, ce sont les symptômes (léthargie, cécité) qui ont été des signaux d’alerte. Puis les lésions caractéristiques présentes à l’examen post mortem (hydranencéphalie) ont été corroborées par les résultats de l’analyse PCR du liquide céphalorachidien et des testicules.
Des conditions favorables aux vecteurs
Pour comprendre l’origine de l’émergence de ce virus dans cette région du monde différentes pistes sont explorées. La présence permanente des vecteurs arthropodes nécessaires à leur transmission et à leur dissémination est l’une d’entre elles (étude Marianneau et al.(2016)) car une récente étude sérologique a permis de montrer la présence d’autres virus de cette famille (virus Shamonda, Shuni et Sathuperi) circulants chez des ruminants dans le pays.
Dans ce contexte, les experts de l’ESA ont tenu à rappeler l’importance de surveiller de près le risque d’introduction et de propagation d’autres virus du sérogroupe Simbu en Europe. 

Clothilde Barde
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