Une mortalité des abeilles réunionnaises en hausse avec Varroa

Tanit Halfon | 19.02.2019 à 10:52:33 |
abeilles varroa
© CR

Un an après la détection de Varroa destructor sur l'île de La Réunion, le taux de mortalité s’élève à 37%.

Le 3 mai 2017, le parasite Varroa destructor était détecté dans un rucher de l’île de la Réunion. 6 mois après, toute l’île était touchée. Afin d’évaluer l’impact du parasite sur les colonies d’abeilles, une première enquête est menée de mars à juin 2018 auprès de 122 apiculteurs demandeurs d’un appui technique du groupement de défense sanitaire. Le résultat : 949 colonies déclarées mortes sur 4179, soit un taux moyen de mortalité de 22,7%*, atteignant les 64,1% pour la partie ouest de l’île contre 11,7% pour le sud. Et ce taux continue de grimper. « L’Anses a procédé à une 2ième enquête, qui a abouti à un taux de mortalité de 37% pour la période de mai à mi-août 2018 », explique Olivier Esnault, vétérinaire du groupement de défense sanitaire (GDS) de la Réunion.

Malgré ces résultats, et l’inquiétude des apiculteurs, en témoigne la hausse massive des adhésions au GDS qui comptabilisait 610 apiculteurs adhérents fin 2018 contre 250 au départ**, le protocole de traitement recommandé*** est loin d’être suivi. « En décembre, les colonies étant plutôt populeuses, les apiculteurs n’ont pas traité, souligne notre confrère. Maintenant en janvier, on observe un effondrement des colonies. L’idée est donc de les traiter en février avec une demi-dose d’Apivar®, une concentration déjà testée et efficace.» Une lutte difficile donc, d’autant plus que les connaissances manquent. Aussi, des travaux de recherche, sur les interactions de l’abeille Pei avec Varroa et la sélection d’abeilles résistantes, ainsi que sur l’impact du parasite sur la diversité des virus de l’abeille réunionnaise, sont d’hors et déjà prévus.

Mais Varroa n'est pas la seule menace biologique. « Depuis 4-5 ans, les invasions biologiques sont en hausse à La Réunion, constate Olivier Esnault. Un ravageur des fruits, Bactrocera dorsalis, est arrivé la même année que Varroa. En 2018, ce sont deux nouvelles espèces de pucerons qui ont été observées. Si on n’a pas encore établi l’origine de ces introductions, nous suspectons une arrivée via les navires de croisières ou marchands. » Parmi les potentielles menaces, on trouve aussi Aethina tumida, ou petit coléoptère des ruches, qui est présent sur les îles voisines. « Pour Varroa, nous avons un haplotype commun entre la Réunion, Maurice et Madagascar. Aussi, pour le petit coléoptère, s’il s’avère que la souche de Maurice, présente depuis 2015, est similaire à celle de Madagascar, alors il est très probable qu’elle arrive ici, comme cela a été le cas pour Varroa, souligne notre confrère. Des tests génétiques sont en cours de lancement pour le vérifier. » La surveillance du coléoptère est donc de mise et passe par des ruchers écoles, équipés de pièges à huile qui sont vérifiés tous les 3 mois.

* Equivalent à une augmentation des mortalités de 11 350%.

** La Réunion compte 500 à 600 apiculteurs, dont une centaine de professionnels, pour une population estimée de 13 000 à 20 000 colonies.

*** Du thymol en juillet et de l’Apivar® en décembre.

Tanit Halfon
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