Un premier cas de peste porcine africaine détecté en Hongrie

Tanit Halfon | 25.04.2018 à 14:35:11 |
sanglier
© evtic - iStock

Pour la première fois, un cas de peste porcine africaine a été rapporté en Hongrie, chez un sanglier trouvé mort près de la frontière slovaque le jeudi 19 avril.

Un cas de peste porcine africaine a été détecté dans le nord de la Hongrie, à 40 kilomètres de la frontière slovaque, chez un sanglier retrouvé mort le jeudi 19 avril. C’est la première fois que le pays signale la maladie. Selon les autorités nationales, ce cas serait lié à la présence de travailleurs ukrainiens dans la région, les seuls pays limitrophes ayant déclaré la maladie étant effectivement l’Ukraine et la Roumanie.

Avec la présence de la maladie en Europe de l’est, le pays a renforcé la surveillance aux frontières, notamment avec l’Ukraine.

Ainsi, depuis mars 2014, des mesures supplémentaires de désinfection des véhicules entrants sur le territoire ont été instaurées. Dans ce cadre, en 2017, les autorités ont rapporté l’utilisation de 2060 litres de liquide désinfectant. Cette même année, 511 contrôles de camions de transport d’animaux vides ont été menés, à raison de 85% provenant d’Ukraine (volaille), et 15% de Russie, d’Uzbekistan et d’Azerbaijan (bovin). Deux cas ont nécessité la mise en place de mesures de nettoyage/désinfection. Les autorités procèdent également à des prélèvements aléatoires sur les surfaces des véhicules pour s’assurer qu’une désinfection a bien eu lieu. Sur les 21 écouvillons prélevés en 2017, trois sont revenus non favorables.

Des campagnes de sensibilisation sont aussi organisées aux frontières, avec des panneaux informant les voyageurs de l’interdiction de ramener des denrées alimentaires à base de porc. Il est notamment indiqué que tout produit à base de viande de porc trouvé dans les bagages serait confisqué par les autorités, et que l’extérieur des véhicules concernés seraient désinfectés.

Enfin, depuis 2015, des analyses PCR sont effectuées sur les produits à base de porc confisqués. En 2016, 35 prélèvements ont été testés et tous sont revenus négatifs. En 2017, une analyse est revenue positive sur 44 (oreille de porc). Au 19 avril 2018, sur 12 échantillons testés, un est revenu positif.

A noter que pour la seule année 2017, 8116 kg de produits ont été confisqués, une quantité 4 fois plus grande que pour 2016.

Outre la surveillance aux frontières, une surveillance évènementielle et programmée de la faune sauvage, basée sur des analyses virologiques, est organisée sur l’ensemble du territoire national, avec un renforcement dans les trois comtés proches de l’Ukraine (Hajdú-Bihar, Borsod-Abaúj-Zemplén and Szabolcs-Szatmár-Bereg). Pour exemple, dans ces zones, la chasse des femelles et des jeunes sangliers âgés de moins d’un an est accentuée. Côté élevage, depuis 2017, les vétérinaires sont invités à tester les porcs morts, même si la peste porcine africaine n’est pas suspectée, mais seulement dans certaines conditions : lorsque les animaux sont morts soudainement sans observation de signes cliniques ; lorsque les animaux présentent une température supérieure à 40°C après 3 jours de traitement ; ou lorsque les animaux présentent une température supérieure à 40°C et meurent pendant le traitement. De plus, les porcs domestiques trouvés morts dans les camions de transport en provenance d’autres pays sont également testés. 

Pour rappel, la maladie circule de manière enzootique en Sardaigne depuis plus de 35 ans. En Europe continentale, elle a été détectée pour la première fois en Géorgie en 2007 et s’étend depuis 2014 dans les pays d’Europe de l’est.

Comme le rappelle la plateforme ESA Santé animale, du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017, 9259 foyers et cas ont été déclarés dans dix pays (Fédération de Russie, Pologne, Ukraine, Biélorussie, Moldavie, les trois pays Baltes, Roumanie et République Tchèque). En 2017, la maladie a été rapportée pour la première fois en Roumanie et en République Tchèque. Le nombre de sangliers touchés a fortement augmenté depuis juin 2017 en Europe, notamment en Lituanie et en Pologne. Une hausse du nombre de foyers en élevages porcins a également été observée depuis 2017, principalement en Pologne (81 foyers en 2017, 20 foyers en 2016, 1 foyer en 2015).

L’extension de la maladie a conduit les autorités nationales de la Pologne et du Danemark, à envisager la construction d’un mur le long de la frontière, pour éviter l’entrée sur le territoire de sangliers contaminés. En France, une campagne de sensibilisation à l’intention des chauffeurs routiers en provenance des pays infectés a été récemment lancée, via la radio (107,7), des affichages sur des aires d’autoroute et la diffusion d’informations par les sociétés de télépéage poids lourds. De plus, la Fédération nationale des chasseurs a diffusé des recommandations à ses fédérations régionales et départementales.

Pour plus d'informations sur les mesures de surveillance mises en place par la Hongrie, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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