Un plan national d’action pour la protection des cétacés en cours de construction

Tanit Halfon | 26.03.2019 à 15:59:56 |
dauphin
© iStock-Ruslanshug

Face à la hausse des échouages des cétacés sur la côte atlantique, le ministre François de Rugy a annoncé l’élaboration du tout premier plan national d’action pour la protection des cétacés. Du 1er janvier au 18 mars, environ 1100 échouages de petits cétacés ont été enregistrés.

380 en 2017…500 en 2018…1100 en 2019… D’année en année, le nombre d’échouages de petits cétacés, représentés majoritairement par des dauphins communs, sur les côtes atlantiques ne cesse d’augmenter. Du 1er janvier au 18 mars 2019, ce sont ainsi près de 1100 échouages qui ont été enregistrés par l’Observatoire Pelagis, unité mixte de l’université de La Rochelle (Charente-Maritime) et du Centre national de la recherche scientifique, et animateur du Réseau national échouages (RNE). Face à ce constat, le ministre de la Transition écologique François de Rugy, en collaboration le ministre de l’agriculture Didier Guillaume, a annoncé la construction du premier plan national d’action pour la protection des cétacés.

Quatre axes de travail

Annoncé pour décembre 2019, ce plan fera l’objet de quatre axes de travail :

- un renforcement des connaissances des impacts de l’activité humaine sur les cétacés et une hiérarchisation des enjeux selon les espèces de cétacés;

- une réduction des impacts, via un travail, notamment, sur la réduction des collisions et des captures accidentelles, des perturbations intentionnelles, du bruit ou des pollutions sur les cétacés;

- une promotion de la vision française dans les différentes instances internationales et européennes afin de renforcer l’action internationale en matière de protection des cétacés;

- une mobilisation des différents acteurs et parties prenantes, associée à une sensibilisation du grand public à la protection des cétacés.

Les enjeux sont de taille. Selon le RNE, le nombre d’animaux capturés accidentellement par an dépasserait régulièrement 1,7% de la population, un seuil critique pour la survie de l’espèce. De plus, viser un taux acceptable de captures accidentelles est une condition nécessaire pour le maintien des populations de mammifères marins, et des écosystèmes, sur le long terme. A noter que d’après une étude, environ 80% des dauphins morts ne s’échoueraient pas.

Un renforcement des mesures en cours

En parallèle, le ministre a confirmé « le renforcement des actions pour lutter contre les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne. » Parmi elles, les dispositifs de répulsifs acoustiques, ou pingers, vont continuer à être déployés et à être testés, notamment pour d’autres systèmes de pêche comme la pêche au filet. A ce jour, seuls 26 chalutiers pélagiques pêchant en bœuf dans le golfe de Gascogne sont équipés. Néanmoins, comme le souligne l’Observatoire Pelagis, si les tests réalisés en 2018 sur 3 navires ont été encourageants, « l’efficacité à l’échelle de la flottille doit encore être prouvée. » De plus, « leur utilisation n’est pas adaptée à toutes les techniques de pêche, par exemple leur utilisation sur les filets maillants ne semble pas envisageable. »

Le ministère a également annoncé la poursuite de l’observation embarquée, grâce au déblocage de financements. Enfin, 100 000 euros supplémentaires seront alloués à l’Observatoire Pelagis en 2019.

Les captures accidentelles, une cause majeure d’échouage

Depuis les années 90, des échouages multiples, caractérisés par une forte concentration sur une courte période (supérieure à la norme saisonnière), sont observés sur les côtes françaises. Avant 2019, le précédent record remontait à …1997 avec plus de 700 individus échoués morts lors des trois premiers mois de l’année.

La capture accidentelle représente la cause principale des échouages des petits cétacés sur le littoral atlantique. Selon le RNE, elle constitue la principale cause de mortalité observée chez le dauphin commun depuis le début des années 1990. Les chaluts pélagiques ne sont pas les seuls impliqués. L’Observatoire Pelagis signale que « l’examen de certains dauphins très frais montrent des traces de captures qui semblent liées à l’emmêlement dans des filets maillants. Les espèces ciblées par ces pêcheries en hiver sont pour beaucoup le merlu (majoritaire) et le bar. » De plus, « une attention toute particulière devrait également être portée aux grands chalutiers espagnols, opérant sur le plateau continental du golfe de Gascogne. »

Pour rappel, l’arrêté du 6 septembre 2018 avait réaffirmé l’obligation de déclaration des captures accidentelles des cétacés et pinnipèdes par les navires de pêche. Si la mesure était en réalité obligatoire depuis un précédent arrêté de 2011, son application n’avait pas été possible, faute d’organisme compétent pour la réception des déclarations.

Pour consulter le bilan des échouages, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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