Un plan de sauvegarde de la filière porcine

Tanit Halfon

| 02.02.2022 à 14:44:00 |
© iStock-SrdjanStepic

Le ministre de l’agriculture a annoncé le déblocage de fonds à hauteur de 270 millions d’euros au maximum, afin d’aider les acteurs de la filière porcine qui font face à des baisses des prix du porc associée à une hausse des coûts de production.

La filière porcine française va faire l’objet d’un plan de sauvegarde économique immédiat, de 270 millions d’euros au maximum, a annoncé le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie.

La filière porcine est, en effet, étranglée économiquement : selon INAPORC, il y aurait des pertes à hauteur de 440 millions d’euros sur un an, avec près d’1/4 des éleveurs qui sont à des seuils critiques d’endettement à court terme. Les pertes par porc sont estimés entre 25 et 30 euros, avait indiqué l’interprofession dans un communiqué de presse du 26 janvier dernier. En cause : des prix de porcs qui se sont effondrés, 10% inférieurs au prix de l’an dernier, quand les charges « culminent à des niveaux jamais atteints depuis 8 ans ». Cette situation est liée à la pandémie et ses conséquences sur les chaînes d’approvisionnement, le coût des matières premières et sur la consommation, mais aussi à la peste porcine africaine qui perturbe l’équilibre des marchés. La Chine, qui était fortement importatrice depuis l’introduction de la PPA dans son territoire, réduit désormais ses importations.

30% des éleveurs pourraient disparaître d’ici 2023.

Respecter Egalim2

Plusieurs axes dans les mesures de soutien ont été annoncés.

D’abord un axe financier sur le court terme avec :

- Une aide d’urgence de 75 millions d’euros avec un chèque de 15 000 euros pour les élevages en très grande difficulté. Cette aide sera déployée en une 15 aine de jours, a indiqué le ministère ;

- Une aide de structuration de 175 millions d’euros, selon des critères et modalités qui restent encore à définir ;

- Un abondement des dispositifs de droit commun de prise en charge des cotisations MSA jusqu’à 20 millions d’euros.

Ensuite, un axe structurel avec :

- Un engagement de toutes les parties prenantes à accélérer la mise en place d’Egalim2 ;

- Plusieurs mesures de soutien à l’ouverture des marchés export.

Enfin, d’autres mesures sont listés :

- Un travail de négociations au niveau européen pour demander des mesures européennes pour le secteur ;

- Le lancement de campagnes de promotion,

- La poursuite du dispositif « Initiative nationale pour l’agriculture française » ;

- Le renforcement des mesures de biosécurité par rapport au risque de PPA.

Le ministre a aussi menacé les acteurs qui ne joueraient pas le jeu d’Egalim2 : « Je salue les acteurs qui se sont d’ores et déjà engagés dans cette voie, dès aujourd’hui. J’indique aux autres que nous serons d’une tolérance zéro vis-à-vis de ceux qui n’appliquent pas Egalim2, avec des sanctions telles que prévues dans la loi. »

Tanit Halfon

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