Un nombre record de primates utilisés en recherche aux Etats-Unis

Clothilde Barde | 20.11.2018 à 13:05:15 |
macaque rhesus
© Robbie Ross - iStock

Le nombre de primates utilisés en recherche biomédicale a bondit ces dernières années aux Etats-Unis atteignant un niveau record en 2017 selon les dernières données publiées fin septembre par le département de l’agriculture américain (U.S. Department of Agriculture (USDA))

Alors que des méthodes alternatives à l’expérimentation animale se développent aux Etats-Unis pour répondre à une attente forte des autorités et du public, il semblerait qu’elles ne soient pas encore mises en œuvre en pratique dans la recherche biomédicale. En effet, selon les derniers chiffres publiés par l’USDA, le nombre de primates utilisés aux Etats-Unis pour la recherche biomédicale est en hausse depuis 2014 passant de 60000 animaux en 2014 à près de 76000 animaux en 2017. Il s’agit pour les deux tiers de macaques Rhésus, puis de macaques Cynomolgus (15%) et enfin de babouins (6%). Cependant, il est aussi indiqué que ces primates ne représentent que 0,5% des animaux utilisés à des fins de recherche biomédicales, les 95% restants étant principalement les rats et les souris. Or, bien que bien que pendant la même périodele nombre de chiens et de cobayes ait aussi légèrement augmenté, celui de chats et de lapins a diminué et ils restent en diminution globale depuis les dix dernières années. Par ailleurs, la population de primates élévée à des fins de recherche est restée stable depuis les dix dernières années, seul le nombre de travaux de recherche réalisés sur des primates est en hausse.
De vives critiques
Toutefois, face à ces chiffres de nombreux chercheurs et associations de protection animales américaines se sont alarmés. Ainsi, selon Thomas Hartung, directeur du Centre de recherche d’alternatives à l’expérimentation animale de Baltimore (Maryland) « la pertinence des études menées sur les primates devrait être mieux évaluée plutôt que d’utiliser aveuglement ce modèle animal ». Et pourtant de nombreuses démarches témoignent de la volonté de réduire l’utilisation des primates dans la recherche. Ainsi, en 2015 le Centre national de recherche sur les primates de l’Université d’Harvard a été fermé par les autorités américaines et la même année le NIH a arrêté de subventionner les études invasives menées sur les chimpanzés. De même en 2016, face aux révélations d’une enquête citoyenne montrant que 52 % des américains étaient opposés à ce type de recherche, le Congrès américain a commandé au NIH une étude portant sur l’utilité et l’éthique de l’utilisation des primates en recherche. 
Des tentatives d’explication
Pour tenter d’expliquer pourquoi, malgré toutes ces initiatives récentes les chiffres sont en hausse, le NIH a publié en septembre dernier un rapport intitulé Nonhuman Primate Evaluation and Analysis dans lequel il est expliqué que les modèles animaux demeurent très largement irremplaçables quand il faut passer au stade de l'étude d'un organisme entier. D'après cet organisme, les primates sont des modèles animaux critiques dans plusieurs domaines de la recherche comme les maladies métaboliques (Cf.étude Use and Importance of Nonhuman Primates in Metabolic Disease Research: Current State of the Field), infectieuses, la cognition, le comportement, la reproduction, la médecine régénérative, le vieillissement et les neurosciences et d’ailleurs les demandes de singes rhésus macaques par les chercheurs ont augmenté ces dernières années. Or, selon les associations œuvrant contre l’expérimentation animale il pourrait plutôt s’agir d’une question de financement. Ainsi, alors que la population de singes d’expérimentation reste stable, ces derniers seraient utilisés dans plus d’études grâce à la hausse des subventions du NIH, qui finance aux Etats-Unis une grande partie des études, depuis 2013 (249 en 2017 contre 171 en 2013).
Vers un avenir incertain
Enfin, le rapport du NIH conclut que cette tendance devrait se poursuivre : le besoin en primates devrait augmenter dans les cinq années à venir car certains travaux de recherches ont déjà dû être retardés de 6 mois faute d’animaux disponibles. Les espoirs des associations de protection animale restent donc maintenant que les membres du Congrès américain réagissent à ces nouvelles statiques et que, malgré le rapport du NIH, ils poursuivent leurs démarches en faveur de le réduction du nombre d’animaux utilisés.

Clothilde Barde
1 commentaire
avatar
NANO8 le 21-11-2018 à 12:34:28
Il est regrettable que les essais faits sur animaux ne soient pas mis en commun en particulier sur l'étude d'une molécule passant de la santé humaine à la santé vétérinaire ( même molécule en interne ou pas ), cela serait des études non menées en doublon, des économies financières, une rapidité ...Les lois éthiques sur l'utilisation d'organismes vivants valide le protocole d'étude, mais ne font pas de rechercher d'études similaires menées sur un sujet identique ou voisin permettant la promotion de l'échange d'informations.
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK