Un lien entre la réduction de la densité d’élevage de palmipèdes et le niveau de crise d’influenza aviaire - Le Point Vétérinaire.fr

Un lien entre la réduction de la densité d’élevage de palmipèdes et le niveau de crise d’influenza aviaire

Tanit Halfon

| 26.07.2023 à 12:30:00 |
© iStock-creadorimatges

Une équipe française de recherche a montré qu’une réduction de la densité des fermes de palmipèdes permettait de limiter le risque de diffusion virale sur le territoire concerné. D’autres mesures restent toutefois nécessaires pour contrôler la maladie.

La recherche scientifique vient en appui de la lutte contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). En France, plusieurs travaux de recherche sont menés sur le sujet, notamment dans le cadre de la chaire de santé aviaire et de biosécurité de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT). Dans ce cadre, une récente publication vient de dévoiler des résultats intéressants pour les politiques publiques de lutte. L’objectif de l’étude menée par les chercheurs de l’unité mixte de recherche INRAE/ENVT IAHP (« Interactions hôtes – agents pathogènes »), était d’explorer l’impact d’une réduction de la densité des élevages de palmipèdes dans les zones à forte densité, sur la résistance du secteur avicole français à une épizootie d’IAHP. Pour ce faire, plusieurs scénarios ont été testés via un modèle mathématique de transmission spatialisé basé sur l’épizootie de 2016-2017 à H5N8. Il en ressort que la réduction des densités a bien un impact sur la distribution spatiale de R0. La réduction des densités d’élevages de palmipèdes dans les 20% des communes les plus denses diminue par trois le nombre d’infections secondaires. Cela équivaut à plus de 800 exploitations de palmipèdes réduites. Pour les chercheurs, réduire la densité des élevages de palmipèdes pourrait se faire en allongeant le délai entre les cycles de production (3 semaines généralement). « Cette stratégie pourrait être appliquée pendant la période à haut risque d’introduction et de propagation de l’IAHP, soit l’automne et l’hiver, à condition que les éleveurs de palmipèdes reçoivent une compensation financière de l’Etat pour compenser leurs pertes de production », ont-ils indiqué. Malgré tout, la dé-densification n’aurait pas été suffisante pour enrayer totalement l’épizootie : pour l’épizootie de 2016-2017, on serait descendu à 150 foyers. D’autres mesures préventives sont donc nécessaires, qu’il faudrait aussi tester, notamment la réduction de la taille des troupeaux, ou encore la vaccination. Par ailleurs, il conviendrait d’analyser l’impact du plein air sur la dynamique de transmission virale. « Cela n’a toujours pas été clarifié, principalement en raison de l’indisponibilité des données pertinentes au moment de l’élaboration du modèle de l’épidémie de 2016-2017. Suite à l’épidémie de 2020-2021, elles sont désormais disponibles et pourraient être utilisées pour reconstruire l'épidémie de 2020-2021 et évaluer l'impact de ces deux facteurs supplémentaires ».

A noter que cette étude s’est basée sur des virus circulants en 2016-2017 pour lesquels les palmipèdes étaient très sensibles. Cette mesure de dé-densification pourrait donc être moins efficace si on a affaire à des souches virales pour lesquelles les galliformes seraient plus sensibles.

Tanit Halfon

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