Tuberculose bovine: une piste sur l’origine des contaminations - Le Point Vétérinaire.fr

Tuberculose bovine: une piste sur l’origine des contaminations

Clothilde Barde

| 01.07.2022 à 13:30:00 |
© dageldog

Afin de déterminer le rôle exact de la faune sauvage dans la transmission de la tuberculose bovine aux troupeaux de bovins, des scientifiques du laboratoire de santé animale de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ont cherché à reconstituer l’évolution de la bactérie à l’origine de la maladie.

La France est officiellement indemne de tuberculose bovine depuis 2001, pourtant de rares cas sont régulièrement déclarés, principalement dans le Sud-Ouest, selon les experts de l'Anses. Or, pour endiguer la propagation de la maladie, un abattage de tous les animaux d’un élevage peut être décidé. Même si la plupart des contaminations se font de bovins à bovins, la faune sauvage, notamment les blaireaux et les sangliers, peut également servir de relai. C’est pourquoi, des scientifiques de l’unité Épidémiologie et du Laboratoire national de référence pour la tuberculose bovine, au sein du laboratoire de Santé animale de l’Anses, ont cherché à connaître le rôle exact de la faune sauvage dans la transmission de la maladie. A cet égard, ils ont entrepris de retracer la dynamique de transmission de Mycobacterium bovis, la bactérie à l’origine de la maladie, et ont publié leurs premiers résultats dans la revue Veterinary Research.

Une reconstitution du passé

Ainsi, l’étude des souches de bactéries prélevées dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques sur 146 bovins et 21 blaireaux entre 2002 et 2017 a permis, en déterminant la proximité génétique de ces souches, de mettre en place un arbre phylogénétique retraçant l’évolution de la bactérie et d’estimer la probabilité que les ancêtres des souches de bactérie aient circulé chez les blaireaux ou les bovins. Cette reconstitution de la dynamique de transmission a montré qu’au cours de l’évolution des souches étudiées, il y avait 52 fois plus de risque qu’un blaireau contamine un bovin que l’inverse. Une fois que la bactérie avait été transmise à un bovin par un blaireau, sa diffusion s’est amplifiée par des transmissions entre bovins.

Un ancêtre commun de la bactérie?

Les scientifiques ont également déterminé que les souches de bactéries qu’ils ont étudiées sont probablement toutes issues d’une même bactérie portée par un blaireau dans les années 1980.A l’avenir, des données d’autres régions et des prélèvements sur des sangliers devraient être inclues afin d’affiner les résultats. C’est l’objectif de la thèse d’Hélène Duault qui devrait permettre de déterminer quel groupe d’individus (élevage ou groupe social) au sein d’une espèce a transmis la bactérie . Il sera ainsi par exemple possible de déterminer si des animaux sauvages ont servi d’intermédiaire pour transmettre la bactérie entre deux élevages éloignés géographiquement. Les résultats permettront de mieux adapter et cibler les mesures de surveillance et de prévention de la tuberculose bovine mises en place, indiquent les chercheurs.

Clothilde Barde

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