Tuberculose bovine : maintien de la surveillance de la faune sauvage

Clothilde Barde | 24.09.2018 à 15:53:19 |
blaireau
© DamianKuzdak - iStock

L’état vient de publier de nouvelles recommandations visant à adapter le niveau de surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage (via le dispositif Sylvatub) à la situation sanitaire actuelle. 

La tuberculose bovine, bien qu’ayant une très faible prévalence en France, est caractérisée par la persistance de foyers d'infection regroupés localement et dispersés sur le territoire national. Or, depuis quelques années, des animaux sauvages infectés (blaireau, sanglier, cerf élaphe et chevreuil) ont été détectés dans plusieurs zones de présence de tuberculose bovine en élevage, constituant un risque de transmission aux cheptels de bovins environnants. Afin de connaître l’évolution de la situation sanitaire au sein de la faune sauvage et d'adapter les mesures de contrôle en fonction du niveau de risque, le dispositif de surveillance Sylvatub a été mis en place en 2011. Dans deux instructions techniques publiées au journal officiel les 19 et 24 septembre, le Directeur Général de l'Alimentation, Patrick Dehaumont, a indiqué les différentes évolutions de ce dispositif suite aux recommandations des experts de la plateforme d’épidémiosurveillance de santé animale (ESA). 
Des niveaux de surveillance variables selon les départements
Selon la situation sanitaire de la faune sauvage du département vis-à-vis de la tuberculose, une surveillance événementielle renforcée (recherche analytique systématique de tuberculose au laboratoire sur les cerfs, sangliers et blaireaux morts collectés) ou une surveillance programmée (piégeage) peut être mis en place. Pour s’adapter aux évolutions sanitaires, les nouvelles mesures de surveillance annoncées ces derniers jours conduisent au reclassement des départements du Doubs et de la Vienne en niveau 1 (arrêt de la surveillance événementielle renforcée et de la surveillance programmée chez les blaireaux en périphérie des foyers de tuberculose bovine) suite à l’absence de résultats positifs durant les campagnes antérieures. A l’inverse, le Loir-et–Cher est reclassé en niveau 2 (surveillance événementielle renforcée) et, suite à la découverte de deux sangliers positifs à la tuberculose bovine en 2018, le Tarn-et–Garonne passe en niveau 3 (surveillance événementielle renforcée et surveillance programmée sur blaireaux et sangliers). Dans le même temps, la surveillance programmée des blaireaux en zone tampon sera progressivement abandonnée au profit d’une surveillance événementielle renforcée, marqueur épidémiologique au moins aussi sensible. Cependant, le piégeage des blaireaux restera maintenu en zone infectée pour satisfaire à la fois aux objectifs d’assainissement de zone et de surveillance Sylvatub.
Une animation départementale renforcée
Les Directions Départementales de la cohésion sociale et des populations (DDecPP) joueront un rôle encore plus important dans la mise en place du dispositif. Ainsi, en cas de résultat positif (PCR ou culture bactérienne confirmée), elles devront informer la personne ayant collecté le prélèvement quant à la mise en place d’un éventuel suivi médical ou vétérinaire (chiens de chasse) même si, selon les avis d’experts médicaux, il n’y a pas de risques de transmission s’il n’y a pas ouverture des abcès, ni contact transcutané. Une fois les données de localisation confirmées, s'il s'agit du premier cas du département ou de la zone, un éventuel renforcement de la surveillance de la faune sauvage sera décidé et les acteurs locaux (piégeurs, chasseurs et éleveurs) seront informés par la DDecPP des risques inhérents et des suites à donner (faune sauvage et mesures de biosécurité aux élevages bovins). Par contre, dans le cas d’un terrier infecté, la DDecPP  veillera à ce que tous les blaireaux-contact avec le blaireau infecté soient éliminés le plus rapidement possible mais aussi à recenser les terriers situés dans un rayon de 2 km autour du terrier infecté (signes d’activité, nouveaux terriers).

 

Clothilde Barde
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