S’en sortir pour nourrir une communauté de chats

Tanit Halfon | 17.05.2017 à 11:27:41 |
Nourrir un groupe de chats
© Tanit Halfon

Nourrir plusieurs chats s’avère souvent un véritable casse-tête pour le vétérinaire (et le propriétaire !), d’autant plus si les besoins de chaque individu diffèrent. Margie Scherk, vétérinaire spécialiste du chat, s’est penchée sur la question lors du Symposium Royal Canin.

Margie Scherk, vétérinaire spécialiste du chat (DMV, american board of veterinary practitioners), a apporté des éléments de réponse au praticien confronté à la problématique de l’alimentation de chats vivant en collectivité, lors du Symposium Royal Canin (Montpellier, mars 2017). Pour ce faire, la conférencière s’est appuyée sur un exemple concret, incluant 12 chats, et autant de besoins physiologiques : un chaton et un adulte en bonne santé, un obèse, un arthrosique, un diabétique, un insuffisant rénal chronique (stade 2), un hyperthyroïdien, un chat à constipation chronique, un avec une lipidose, un avec des cristaux d’oxalates de calcium, un avec des cristaux de struvites, et un dernier avec une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI).

Pour rappel, le chat est un carnivore, de part son anatomie, sa physiologie et son comportement. Il a évolué vers un individu capable de gérer un apport élevé en protéines. L’expression de ses comportements naturels doit être favorisée. Cela passe par des ressources alimentaires disponibles en permanence, le chat préférant ingurgiter de petites quantités de nourriture plusieurs fois par jour. Il faut aussi encourager le comportement de chasse. Pouvoir jouer avec sa nourriture constitue un bon moyen pour que le chat puisse exprimer ces spécificités.

De manière générale, face à un groupe, un premier objectif est de définir une stratégie globale n’induisant aucun risque nutritionnel, avec une base alimentaire commune et accessible à l’ensemble de la communauté féline. Un deuxième est d’intégrer à la ration des ressources spécifiques et nécessaires à certains animaux, deux fois par jour. Et pour y répondre correctement, le praticien devra systématiquement prendre en considération les trois facteurs suivants : le patient, son régime alimentaire mais aussi le propriétaire qui est en charge de le distribuer.

Le vétérinaire doit d’abord établir le régime alimentaire idéal pour chaque chat, puis la balance bénéfice/risque nutritionnelle suivant l’état physiologique ou pathologique de l’animal. C’est l’individu qui souffrira le plus d’un régime inadapté qui dictera le choix de la ration de base du groupe. Dans l’exemple de la conférencière, c’est le chat souffrant d’une MICI qui la définit, tout en favorisant autant que possible la prise de boisson.

Enfin, une attention particulière doit être portée sur la distribution de la nourriture, en tenant compte de la personnalité et de la capacité physique de chaque individu, ainsi que des relations au sein du groupe. La conférencière conseille notamment de multiplier les sources de nourriture, à différents endroits de la maison. Certaines s’avèreront inaccessibles pour quelques chats, facilitant une ration individualisée (le chat obèse aura plus de mal à atteindre une gamelle en hauteur par exemple).

Le suivi clinique de l’ensemble de la collectivité est primordial, afin de détecter tout amaigrissement. Lors de cette consultation, le praticien devra au moins contrôler le poids de l’animal, son indice de masse corporelle, son pelage et sa masse musculaire. 

Tanit Halfon
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