Rage canine dans l’Essonne : le mécontentement des vétérinaires - Le Point Vétérinaire.fr

Rage canine dans l’Essonne : le mécontentement des vétérinaires

Valentine Chamard

| 02.11.2022 à 16:07:00 |
© bbstudio_aad-iStock

Alors que l’enquête pour connaître le parcours du chien mort de la rage se poursuit, des organisations professionnelles déplorent la non reconnaissance du rôle fondamental joué par les vétérinaires dans la gestion de ce cas et, plus largement, dans la santé publique.

Suite à l’annonce d’un cas de rage canine dans l’Essonne confirmé le 27 octobre 2022, l’enquête menée par les services publics se poursuit. « Le chien atteint de la rage a été abandonné après avoir changé de détenteur à au moins trois reprises en quelques jours, probablement en lien avec le fait qu'il souffrait d'une pyodermite généralisée. On ne sait pas encore précisément s'il a été importé, de quel pays et à quelle date ; la DDPP91 poursuit les investigations avec l’appui des services de police », précise le Ministère de l’Agriculture. Se pose également la question du devenir des animaux du refuge susceptibles d’avoir été contaminés. « Le devenir des animaux du refuge ou issus du refuge est en cours de détermination (évaluation des risques dus aux contacts indirects). Tous ces animaux ont été bien identifiés et placés sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance », rappelle le Ministère.

« 4 personnes sauvées grâce aux vétérinaires »

Par ailleurs, la profession vétérinaire a été heurtée par le fait que le communiqué émis par le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de la Santé à l’occasion de la confirmation de ce cas de rage canine ne mentionne pas le rôle des vétérinaires dans le diagnostic et la gestion de ce cas et, de façon plus générale, omette le rôle de sentinelle endossé par l’ensemble des praticiens. 5 instances professionnelles (Fédération des Syndicats Vétérinaires de France, Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral, Syndicat National des Inspecteurs de Santé Publique Vétérinaire, Association Francophone des Vétérinaires praticiens de l’Expertise et le Syndicat des Structures et Etablissements Vétérinaires Indépendants de France) ont ainsi rédigé un communiqué de presse conjoint dans lequel leurs présidents déplorent « que le communiqué de presse du Gouvernement ne fasse aucune référence à l’action des vétérinaires dont le rôle a été essentiel dans la découverte et la gestion de ce cas de rage. Nous regrettons également que cette communication n’ait pas été l’occasion de rappeler l’obligation de mise sous surveillance sanitaire d’un chien à l’origine d’une morsure (et de tout animal sensible à la rage mordeur ou griffeur). (…) La vigilance et la réactivité des vétérinaires qui ont examiné le chien mordeur ont toutefois permis le diagnostic de la maladie et enfin la prise en charge médicale adaptée des personnes mordues potentiellement contaminées par le virus rabique. »

Le rôle crucial des vétérinaires rappelé

Et de poursuivre : « Ces surveillances sont assurées par l’ensemble des vétérinaires praticiens, qui sont aussi vétérinaires sanitaires, grâce à la qualité du maillage territorial, et sans financement de la collectivité nationale. Les vétérinaires de l’Administration alertent, depuis des années, sur l’insuffisance de leur nombre et de leurs moyens. C’est pourtant grâce à ce modèle particulier de veille sanitaire que la France est officiellement indemne de rage depuis plus de trente ans et qu’aucun cas humain mortel lié à une morsure survenue sur notre territoire n’est à déplorer depuis près d’un siècle. Les vétérinaires sont pleinement conscients de leur rôle et de leurs responsabilités en matière de détection et de prévention des maladies zoonotiques. Nous demandons que les décideurs des politiques publiques sanitaires reconnaissent ce rôle de sentinelle que les 22000 vétérinaires inscrits au Tableau de l’Ordre assurent en tout point du territoire national, 365 jours par an, en lien étroit avec les 1000 vétérinaires de l’administration. Pour donner pleinement son sens à l’approche d’«Une seule santé» / « One Health », humaine, animale et environnementale, dont l’importance a encore récemment été rappelée par le Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron, les vétérinaires doivent voir leurs compétences et leur dévouement pleinement reconnus ».

Valentine Chamard

1 commentaire
avatar
michele le 04-11-2022 à 11:08:37
de toute façon , le seul rapport de Mr Macron avec les animaux , c 'est la chasse ...
Il a augmenté les jours de chasse , divisé le prix du permis par2, etc , etc .donc , nous n 'avons jamais eu autant d 'accidents de chasse que cette année ,.
donc les vétérianires , il s 'en f;;t completemnt .Ce qui est dommage , c 'est que notre confrere au gouvernement soit dans les memes idées, puisqu 'il n 'a pas réagi non plus .
Vous savez bien , pour la TvA , nous sommes une profession de loisir , et quand il y a le feu , nous sommes les pompiers , comme d 'habitude.
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application