Quelle place pour l’animal en ville et pour le vétérinaire urbain ?

Chantal Béraud | 07.03.2019 à 14:41:16 |
Une dame assise sur un banc dans un parc avec son chien
© wundervisuals – istock

Outre une compétence en matière de chiens et de chats, la société semble aussi attendre du vétérinaire qu’il soit de plus en plus en prise avec l’évolution de la biodiversité, y compris en ville ! Mais dispose-t-il réellement aujourd’hui des formations, des moyens et d’une crédibilité suffisante auprès des autres acteurs (pouvoirs publics, spécialistes de l’environnement, etc.) pour être le garant d’un écosystème urbain vivant un minimum équilibré ?

Aujourd’hui, il peut paraître branché d’être végan. Des gens tentent parfois aussi d’aller caresser des ragondins réintroduits sur la berge végétalisée d’un fleuve. « Une fraction de la population urbaine risque de développer une version trop naïve de la biodiversité, avertit Jean-François Cosson, vétérinaire et écologue. Par exemple, on entend quand même des pseudo-thérapeutes appeler à se promener pieds nus dans la nature, sans faire attention à rien ! » Alors, tout comme Gilbert Gault, vétérinaire de formation et ancien fonctionnaire urbain en charge des affaires animales, il considère que la profession doit ramener dans ce débat une vision scientifique, pragmatique et objective, qui intègre et pondère la dynamique de la nature en ville. 

Pas n’importe quelle biodiversité urbaine
Et Gilbert Gault de poursuivre : « La place de l’animal en ville évolue effectivement avec les changements sociétaux. Depuis le film d’animation Ratatouille, la perception du rat au sein d’une fraction de la population a évolué de nuisible, vecteur de maladies, à sympathique gastronome muridé et utile éboueur ! Certains citadins estiment qu’avoir deux ou trois souris dans leur appartement est partie intégrante de la faune sauvage autochtone. Mais qu’est-ce que l’on fait quand on arrive à dix ? » Autre exemple frappant en la matière?: les maires (des villes comme des campagnes) ont incité les citoyens à adopter un couple de poules pour réduire les quantités de déchets organiques collectés, tout en motivant ce geste citoyen par l’obtention d’œufs frais. « Mais chaque couple de poules a besoin d’un minimum de 5 à 10 m2 enherbés, rappelle Gilbert Gault. Vouloir en élever sur son balcon ne respecte donc pas le bien-être animal. » De plus, ces campagnes sont fréquemment associées à un objectif illusoire et publicitaire de déchets consommés de l’ordre de 150?kg par an, « alors que l’objectif réel de la poule est de 15 kg !, s’indigne Gilbert Gault. Conséquence : on voit réapparaître des cas de salmonellose à la suite de la consommation des produits issus de ces élevages familiaux insuffisamment rigoureux, alors même que les plans de maîtrise sanitaire avaient fait régresser l’incidence dans les élevages industriels, fermiers et biologiques ». 
Le recours à l’écopâturage dans des espaces urbains a également le vent en poupe. Mais des associations proposent parfois des prestations avec des animaux inadaptés au biotope à traiter. « J’ai eu connaissance d’un cas, explique Gilbert Gault, où des moutons du Nord ont été envoyés brouter à Montpellier, sans analyse de l’impact de la végétation ligneuse méditerranéenne sur leur digestion et leur santé ! » Par ailleurs, y compris dans des parcs ou des jardins urbains, les vétérinaires sont confrontés aux risques de tiques et de chenilles processionnaires. Par exemple, Gilbert Gault signale que « les chenilles processionnaires du pin progressent vers Caen (Calvados), à la faveur de la constitution, par plantation, d’un peuplement continu de pin, le long de l’autoroute A28 ».

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 36-41 de La Semaine Vétérinaire n° 1799.

Chantal Béraud
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