Que dit la science de la réduction de la consommation de viande ?

Tanit Halfon | 15.01.2019 à 15:38:04 |
viande
© Helios8 - iStock

L’Institut national de recherche agronomique a publié un avis scientifique sur les avantages et les limites de la baisse de consommation de viande. Si elle apparaît, de prime abord, possible voire intéressante, les services rendus par l’élevage ne sont pas à occulter.

Face aux interrogations sur la consommation des produits d’origine animale, et notamment de la viande, l’Institut national de recherche agronomique (Inra) a publié le vendredi 11 janvier un avis scientifique sur la question. L’objectif : présenter de manière objective les bénéfices et les limites de la diminution de la consommation de viande. En France, selon la dernière enquête Crédoc, la consommation des produits carnés aurait baissé de 12% en dix ans, notamment la viande bovine. Actuellement, elle est estimée à environ 900 g par semaine et par habitant, quand la consommation moyenne des produits de la mer est de 650 g, et celle des produits laitiers de 360 g. Récemment, l’initiative « Lundi vert »  a invité les citoyens à ne pas consommer de viande ni de poisson le lundi.

Une baisse à adapter suivant la population

La consommation moyenne de produits carnés pour un adulte étant 2 fois supérieures aux besoins nutritionnels, la diminuer n’aurait aucun impact néfaste sur la santé. Néanmoins, certaines catégories de population ont des besoins nutritionnels spécifiques et plus importants que la population générale : c’est le cas des personnes âgés, pour limiter la fonte musculaire et maintenir le capital osseux, ainsi que les enfants ou encore les femmes en âge de procréer. Enfin, l’avis souligne qu’un régime végétalien demande une bonne expertise en nutrition pour éviter tout déficience d’apports et de carences en nutriments et micronutriments essentiels.

Un intérêt pour l’environnement

Réduire la consommation de viande par les pays gros consommateurs présenterait plusieurs avantages : diminution des gaz à effet de serre, économie sur les ressources en eau, diminution de la pollution par des nitrates. Malgré tout, l'avis rappelle les services environnementaux rendus par l’élevage : utilisation de prairies impropres à la culture mais favorables à la biodiversité, stockage de carbone, filtration de l’eau. De plus, l’élevage permet de valoriser des coproduits ou sous-produits des filières végétales qui ne peuvent pas être consommés par l’être humain. Enfin, les effluents sont utiles notamment pour la fertilisation des sols.

Un rôle social et économique

Actuellement, des mouvements en faveur de la suppression de l’élevage sont en cours et fortement médiatisés. Aussi, l’avis rappelle-t-il la contribution de l’élevage « au maintien de la vie sociale dans le milieu rural et de l’emploi dans des territoires faiblement peuplés. » En effet, le secteur de l’élevage emploie 4 millions d’actifs en Europe. En France, ils sont 880 000 soit 3,2% de la population active. Outre ce rôle social, l’élevage fait aussi partie de la culture et du patrimoine, notamment dans les pays du sud de l’Europe. De plus, dans les pays du sud, l’avis rappelle aussi que l’élevage « contribue à faire vivre 800 millions de personnes pauvres », et qu’il a « un rôle essentiel pour l’amélioration du statut des femmes. » Globalement, en valorisant des terres non cultivables, l’élevage permet ainsi d’assurer la sécurité alimentaire mondiale.

Pour consulter l’avis complet, cliquez sur le lien.

 

Tanit Halfon
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