Prophylaxie de la tuberculose bovine: des précisions sur la campagne 2022-2023 - Le Point Vétérinaire.fr

Prophylaxie de la tuberculose bovine: des précisions sur la campagne 2022-2023

Clothilde Barde

| 28.11.2022 à 12:30:00 |
© Philippe FLEURY

La DGAl (Direction générale de l’alimenation) a publié le 17 novembre 2022, dans une Instruction technique (DGAL/SDSBEA/2022-846), des précisions à l’arrêté du 8 octobre 2021 fixant les mesures relatives à la prévention, la surveillance et la police sanitaire de la tuberculose bovine et a détaillé les points essentiels pour l’organisation de la prochaine campagne de prophylaxie.

"Au 1er septembre 2022, 95 foyers de tuberculose bovine (TB) ont été détectés dont 68 % dans la région Nouvelle Aquitaine (vs 90 foyers en 2021 à la même date)" indique une Instruction technique publiée le 17 novembre 2022 par la DGAl. Ainsi, comme l’indique Emmanuelle Soubeyran (Directrice générale adjointe de l'alimentation CVO), la situation reste préoccupante et les mesures prévues au plan de lutte contre la tuberculose 2017/2022 doivent être poursuivies.

Importance du dépistage précoce

Actuellement, la détection continue de se faire majoritairement de façon précoce en élevage puisqu'à ce stade de l'année, seuls 17 % des foyers ont été détectés à l'abattoir (18 % en 2021). Cependant, selon la DGAl, l'amélioration de la situation sanitaire passe en priorité sur le plan technique par l'amélioration du dispositif de surveillance ainsi que par un renforcement des mesures de préventions (notamment biosécurité). En effet, le dépistage précoce est un enjeu essentiel pour éviter au maximum les conséquences lourdes de la gestion des éventuelles infections secondaires. De plus, au cours de cette prochaine campagne de prophylaxie, la mise en place de mesures de surveillance par l’Interféron gamma en Corse par exemple a permis de distinguer 11 foyers de TB non détectés avec l'intradermotuberculination (IDT).

Des mesures importantes à poursuivre

Pour rappel, selon les recommandations de l'Anses (Agence Nationale de sécurité sanitaire des aliments), il faut continuer de renforcer la surveillance des zones à risque et des élevages en lien épidémiologiques avec les foyers, mais aussi mettre en place une surveillance appropriée des mouvements des bovins en sortie de cheptels à risques. Les mesures de surveillance, de lutte et de prévention sont précisées dans l’arrêté ministériel du 8 octobre 2021. A cet égard, la surveillance repose sur la recherche post mortem des bovins infectés, fondée sur l'observation de lésions suspectes de TB à l'abattoir ou après autopsie, mais aussi sur le dépistage des bovins mis en mouvement à partir des cheptels considérés comme à risque sanitaire (animaux âgés de plus de 6 semaines et à destination d'un élevage hors filière engraissement) et sur la recherche dans les élevages situés ou pâturant en zone de prophylaxie renforcée (ZPR) ainsi que dans tous les cheptels considérés comme à risque.

Un soutien financier

Parmi les nouvelles dispositions, plusieures mesures d’accompagnement ont été mises en place. Ainsi, d'un point de vue financier, l’arrêté du 25 juillet 2022 prévoit une participation de l'état, à hauteur de 6,15 euros HT par IDC réalisée avec des tuberculine aviaires et bovines fournies par l'état. Les cheptels soumis à prophylaxie mais ne pâturant pas en ZPR bénéficient de cet accompagnement. Cela doit permettre d'assurer une rémunération nette du vétérinaire de 7 euros par IDC HT minimum. "Il conviendra donc de sensibiliser les représentants des éleveurs et des vétérinaires lors de signature des conventions bipartites afin qu'elles intègrent cette participation financière de l'état" selon la nouvelle Instruction technique. Pour la réalisation des IDC, le marché public a été renouvelé jusqu'à la campagne 2024/2025. il permet la livraison des doses de tuberculine dans les cabinets vétérinaires auprès de Coveto Limoges. Toutefois, les contrôles réalisés avant ou après les mouvements de bovins ainsi que ceux réalisés à des fins de certification ne sont pas pris en charge par ces mesures d'accompagnement. Un dispositif d'accompagnement partiel des test Interferons est également à l’œuvre pour les élevages concernés. 

Une obligation de formation

En terme de biosécurité, le pacte de biosécurité bien être animal (BEA) au cœur de la Loi Santé Animale (LSA du 21 avril 2021) prévoit que la biosécurité joue un rôle majeur pour de meilleures performances sanitaires en élevage ainsi que pour assurer la performance économique des filières. A cet égard, depuis l’arrêté du 8 octobre 2021, le cadre est désormais fixé pour la prévention de la TB. Ainsi le suivi d'une formation sur la biosécurité (https://vivea.fr) de la TB est obligatoire à l'issue des mesures d'assainissement et de nettoyage/désinfection pour le recouvrement de la qualification indemne d’infection TB et dans un délai d'un an après la mise en évidence du lien de voisinage pour tous les éleveurs dont le troupeau est en lien épidémiologique avec un troupeau infecté. Le préfet peut également rendre obligatoire la mise en place de mesures de biosécurité dans les troupeaux infectés. Pour accompagner cette nouvelle mesure, un budget de 100Meuros est prévu. "Ce dispositif d'aides reconduite en 2023 est essentiel au succès de cette mesure de biosécurité en élevage bovin qui contribue pleinement aux objectifs de politiques publiques en matière de santé et de protection animale. Je vous demande de veiller à la mise en application  des formations obligatoires. Il s'agit d'un nouvel outil pour assurer la mise enouevr des mesures de politique publique en matière sanitaire" a conclu Emmanuelle Soubeyran.

Clothilde Barde

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