Prairies : une complémentarité de fonction et d’usages - Le Point Vétérinaire.fr

Prairies : une complémentarité de fonction et d’usages

Clothilde Barde

| 04.10.2022 à 15:00:00 |
© wingmar

Au-delà de leur seule valeur agronomique, la biodiversité des prairies est un réel atout pour répondre aux défis du changement climatique ou de la transition agroécologique indique un rapport publié par l'Inrae (Institut National de la recherche agronomique et de l'environnement) le 20 septembre 2022.

Les prairies semi-naturelles à flore diversifiée ont un grand intérêt pour leur souplesse d’exploitation, leur appétence, leur contribution à la valeur organoleptique et technologique des produits animaux (fromage, lait, viande), mais également pour leur impact sur la santé des animaux et des humains, indique un communiqué de l'Inrae du 20 septembre 2022. Selon les chercheurs, "de plus en plus de travaux scientifiques et d’études techniques ont montré que la vision de la valeur d’une prairie ne doit pas uniquement être centrée sur le rendement fourrager annuel ou la densité énergétique et protéique de l’herbe". Ainsi, comme ils l'ont indiqué, les écosystèmes avec une forte diversité taxonomique présentent une meilleure efficience d’utilisation des ressources (eau, minéraux, lumière) ainsi qu'une résilience, du fait de la complémentarité des stratégies des espèces qui les composent. Cette propriété est particulièrement importante pour les éleveurs du point de vue du maintien de la fonction de production.

A chaque type de prairie sa spécificité

Or, l'éleveur joue un rôle essentiel pour maintenir la diversité des prairies. D'une façon générale, selon les chercheurs, "la pérennité d’une prairie et le maintien de ses fonctionnalités, seront d’autant plus importantes qu’il y a une bonne adéquation entre la communauté végétale, le milieu et la gestion des surfaces (fertilisation, chargement)". Comme ils l'ont indiqué, dans le cas des prairies temporaires, l’enjeu est de maintenir le plus longtemps possible l’équilibre du mélange implanté avec un potentiel fourrager (quantité et qualité) important, en adéquation avec les conditions du milieu et la fonction d’alimentation du troupeau attendue. Pour les prairies permanentes (semi-naturelles), dont la gestion est généralement plus extensive, l’enjeu est de maintenir un bon fonctionnement global de l’écosystème et de maintenir la plus grande biodiversité possible. 

La biodiversité influe sur les fonctions écologiques 

Comme l'indique le communiqué, pour accompagner les éleveurs, et faire prendre conscience du formidable potentiel que représente les prairies permanentes, plusieurs outils découlant de projets de recherche sont actuellement proposés aux éleveurs (le projet AEOLE ou le diagnostic multifonctionnel des prairies (outil DIAM)...). Ces derniers aident à identifier les pratiques favorables au maintien et au vieillissement des prairies. Ils permettent d’échanger et de faire émerger des solutions basées sur un compromis entre approvisionnement et maintien du capital naturel. Toutefois, selon les chercheurs, "une mesure de politique publique simple serait d’accorder plus de valeur aux prairies anciennes, qui par leur rôle de réservoir patrimonial d’espèces permettent ensuite de ré-essaimer depuis ces ilots de biodiversité dans le paysage. Cela permettrait à terme de mieux répondre aux enjeux des éleveurs tout en relevant les attentes sociétales en matière de multifonctionnalité." 

Clothilde Barde

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