PPA : une zone blanche à très haut risque est définie

Tanit Halfon | 15.01.2019 à 15:44:08 |
ministre
© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Un abattage de tous les sangliers dans un rayon de quelques kilomètres autour des cas belges est prévu.

L’alerte est maximale en France suite à la découverte le 9 janvier de deux cas de peste porcine africaine en Belgique à seulement 1 kilomètre de la frontière française. En conséquence, le ministre de l’agriculture Didier Guillaume a annoncé hier, lundi 14 janvier, la création d’une « zone blanche à très haut risque », dans « un rayon de quelques kilomètres autour des cas belges ». En clair, tous les sangliers de cette zone, sans exception, devront être abattus au cours des prochaines semaines. Cette zone sera délimitée par une clôture dont l’installation est prévue « dans les prochains jours. » De plus, le ministre a officiellement nommé un directeur de crise, Loïc Gouello, inspecteur général de la santé publique vétérinaire.

Pour mener à bien la nouvelle stratégie de lutte, Didier Guillaume appelle la fédération nationale des chasseurs, l’office national de la chasse et de la faune sauvage ainsi que l’office national des forêts à une « mobilisation maximale pour procéder très rapidement au dépeuplement des sangliers dans cette zone », ainsi qu’à « une recherche active des cadavres. »

De plus, une nouvelle visite de tous les élevages porcins de l’ensemble de la zone réglementée étant prévue « afin de s’assurer de leur niveau de biosécurité maximal », les vétérinaires seront très certainement sollicités. Et ils sont prêts. « Les vétérinaires sont prêts à assumer leurs responsabilités et à auditer les élevages, souligne Alain Mayer, vétérinaires à Vouziers (Les Ardennes) et référent local des groupements techniques vétérinaires (GTV) du Grand Est. Au moins un praticien par clinique a déjà suivi une formation sur la biosécurité en élevage porcin dans le cadre de la formation continue au mandat sanitaire ». Une mobilisation indispensable pour la filière porcine française qui dépend fortement du Grand Est : « les élevages de la région représentent 20% des besoins de renouvellement du cheptel français. Quand on sait qu’une baisse du nombre de  porcs, même minime, menace les établissements d’abattage qui ne sont concurrentiels qu’à saturation, il est impensable de laisser rentrer la maladie au sein d’un seul élevage. » Néanmoins, pour lui, cette menace ne doit pas pour autant occulter le fait que « le statut sanitaire de la faune sauvage en France n’est pas lié au statut sanitaire des porcs. » En d’autres termes, même si un sanglier est trouvé positif sur le territoire, le commerce n’est pas remis en cause, comme c’est d’ailleurs le cas en Belgique. « Pour toutes ces raisons, je ne crois pas qu’une détection de la maladie dans la faune sauvage implique obligatoirement une décision de dépopulation massive du cheptel porcin de la zone à condition que les élevages appliquent une biosécurité efficace. » Actuellement, 270 élevages professionnels sont recensés en Grand Est, dont 43 élevages en zone d’observation renforcée (ZOR).

Pour rappel, la maladie a été détectée le 12 septembre pour la première fois en Belgique, sur deux sangliers retrouvés morts dans la commune d’Etalle. Depuis, 299 cas de peste porcine africaine ont été confirmés sur le territoire belge (données en date du 14 janvier de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire). A ce jour, l’origine de la maladie reste encore inconnue. Interrogé par nos soins, le porte-parole du Service public de Wallonie, Nicolas Yernaux, précise que « concernant les résultats ADN des premiers sangliers, c’est la juge d’instruction qui a saisi les carcasses qui est potentiellement en possession des résultats et qui ne les a à ce jour pas communiqué ». Seule certitude pour l’instant, « les résultats ADN du virus ont démontré qu’il avait des souches similaires au virus rencontré aux Pays Baltes, un Tchéquie et en Ukraine. »

Pour en savoir plus sur la peste porcine africaine et sa prévention, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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