PPA : le plan de lutte évolue

Tanit Halfon | 17.10.2018 à 15:17:22 |
sanglier
© IdealPhoto30 - iStock

De nouvelles mesures renforcent la lutte contre la peste porcine africaine. L’installation d’une clôture frontalière est lancée dans les départements des Ardennes, de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse. Un arrêté en date du 16 octobre rend obligatoire la mise en œuvre d’un plan minimal de biosécurité dans les exploitations détenant des suidés.

La lutte contre la peste porcine africaine continue.

Le 13 septembre, Stéphane Travert, alors ministre en charge de l’agriculture, annonçait l'installation de clôtures le long de la frontière belge dans les départements des Ardennes, de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse d’installer. Pour ce faire, des cahiers des charges, indiquant les tracés à suivre et les modalités d’installation des clôtures ont été élaborés par l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), en collaboration avec la fédération nationale de la chasse (FNC). L’objectif de cette mesure étant de permettre une reprise de la chasse dans la zone d’observation renforcée (ZOR), afin de réduire les populations de sangliers. A cette décision s’ajoutait la sortie de 21 communes de la ZOR, cette dernière regroupant désormais 113 communes au lieu de 134.

De plus, publié ce jour au Journal officiel, l’arrêté du 16 octobre rend obligatoire la mise en œuvre d’un nombre minimal de mesures de biosécurité dans les exploitations détenant des suidés, les documents du plan de biosécurité devant être conservés pendant cinq ans :

  • Etablir un plan de circulation incluant la délimitation de 3 zones, publique, professionnelle et d'élevage, et des aires de stationnement. Y faire figurer les sens de circulation ;
  • Etablir une liste tenue à jour des fournisseurs réguliers de l'exploitation (aliment, reproducteurs, porcelets, semence, matériel, etc.), en indiquant la fréquence des livraison ;
  • Etablir une liste tenue à jour des personnes travaillant dans l'exploitation et des intervenants réguliers en précisant leurs fonctions ;
  • Préciser le nom des vétérinaires ou des cabinets vétérinaires traitants et sanitaires ;
  • Elaborer un plan de gestion des flux (circuits entrants et sortants des animaux, des personnes, du matériel, des intrants, des cadavres, des produits et des sous-produits animaux) ;
  • Elaborer un plan de nettoyage-désinfection pour les différents secteurs de la zone d'élevage comprenant les protocoles, les produits désinfectants ainsi que les fréquences de nettoyage et de désinfection ;
  • Elaborer un plan de gestion des sous-produits animaux ;
  • Elaborer un plan de lutte contre les nuisibles ;
  • Elaborer un plan de protection vis-à-vis des sangliers pour les exploitations avec passage extérieur entre les bâtiments, ou en bâtiment semi ouvert ou plein-air ;
  • Préciser le nom du référent en charge de la biosécurité et les attestations de formation à la biosécurité aux bonnes pratiques d'hygiène (attestations de suivi) ;
  • Faire signer le plan de biosécurité par l'ensemble des personnels permanents et temporaires ;
  • Incorporer un cahier d'émargement avec l'ensemble des intervenants extérieurs tout en indiquant la date et l’objet de l'intervention ;
  • Mettre en place une traçabilité des flux d'animaux à l'intérieur de l'exploitation (déclarations de mise en place, enregistrements de l'origine et de la destination) ;
  • Préciser les mesures spécifiques de biosécurité prises par le personnel chargé de la manipulation des cadavres au sein de l'exploitation.

Ces dispositions ne sont pas toutes d’application immédiate. Ainsi, la définition d’un plan de biosécurité accessible sur support papier ou électronique, le suivi de la formation, l’installation d’un quai d’embarquement en dehors de la zone d’élevage, et l’installation d’une aire bétonnée accessible au véhicule d’équarrissage dans la zone publique de l’exploitation seront à mettre en place à partir du 1er janvier 2020. De la même manière, s’équiper d’un système de protection pour éviter les contacts directs entre les suidés domestiques et les suidés sauvages ne sera obligatoire qu’à partir du 1er janvier 2021.

A noter que les détenteurs de suidés à des fins non commerciales n’ont pas l’obligation d’appliquer toutes les mesures listées de biosécurité, notamment la désignation d’un référent en charge de la biosécurité.

Côté Belge, les autorités sanitaires ont également adapté leur plan de lutte contre la maladie. Ils ont ainsi défini trois zones spécifiques dans la zone infectée de 63 000 hectares :

  • Une zone noyau de 12 562 hectares, dans laquelle la chasse, le nourrissage, la circulation et l’exploitation de la forêt sont interdits;
  • Une zone tampon de 29 183 hectares, dans laquelle la chasse, le nourrissage et la circulation sont interdits, l’exploitation forestière étant possible pour les seuls professionnels et sur demande. Dans cette zone, un réseau de clôtures est prévu, l’objectif étant de fragmenter la zone pour freiner les déplacements des sangliers;
  • Une zone d’observation renforcée de 21 101 hectares dans laquelle le nourrissage et la chasse sont interdits, à l'exception de la chasse à l’affût, à l’approche et des battues silencieuse. La circulation et l’exploitation de la forêt ne sont autorisées qu’en journée. Une formation aux règles de biosécurité est rendue obligatoire pour les activités de chasse, ainsi que pour la destruction des sangliers. Enfin, le traitement des sangliers tirés se fait sur la base d’un échantillonnage.

Chacune des trois zones fait aussi l’objet d’une recherche active des cadavres de sangliers, tous les animaux trouvés devant être traités (envoi de prélèvements pour exclure le virus de la peste porcine africaine).

 

Tanit Halfon
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