PPA : assouplissement des mesures de lutte en Belgique - Le Point Vétérinaire.fr

PPA : assouplissement des mesures de lutte en Belgique

Tanit Halfon | 05.05.2020 à 14:03:48 |
promenade forêt
© iStock-Imgorthand

Face à une situation qui s’améliore vis-à-vis de la peste porcine africaine, les autorités sanitaires belges vont de nouveau autoriser la circulation des usagers en forêt de la zone infectée.

Fin de la crise peste porcine africaine en vue ? La situation sanitaire est en tout cas jugée bonne en Belgique, par la Task Force Peste porcine africaine. Conséquence : un nouvel arrêté autorise, dès le 15 mai prochain, la réouverture des forêts situées en zone infectée pour les promeneurs et les cyclistes. Cet assouplissement est associé, néanmoins, à un certain nombre de conditions :

- obligation de rester sur les sentiers et chemins ;

- interdiction de circuler la nuit, pour des raisons de sécurité (poursuite des tirs de sangliers) ;

- interdiction des jeux dans les bois pour les mouvements de jeunesse.

A noter qu’un tel assouplissement avait déjà été fait au printemps et été 2019, mais ces dispositions avaient été abrogées en automne 2019, cette période ayant été jugée comme propice pour l’abattage des sangliers.

Ce nouvel arrêté découle directement d’un avis de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) de mars 2020*, qui avait estimé qu’une « reprise conditionnelle des activités touristiques » pouvait avoir lieu. Dans cet avis, il était notamment indiqué qu’il fallait que les randonneurs suivent des mesures de biosécurité « telles que le changement de vêtements et de chaussures après une promenade dans les bois, respecter les chemins empierrés et ne pas s’introduire profondément dans les bois, excepté sur des sentiers balisés reconnus ». De plus, il était conseillé de ne pas encore autoriser de chiens lors de ces promenades en zone infectée.

A noter que les recommandations de cet avis dépendent de la situation sanitaire. De fait, les auteurs soulignent qu’il sera nécessaire de les réviser « en cas de découverte de tout nouveau cadavre de sanglier frais, ou issu du tir ou du piégeage qui se révélerait viropositif pour la PPA en zones I et II ». De plus, ils précisent bien que cet assouplissement doit être toujours associé à des mesures strictes de gestion de lutte, notamment en matière de surveillance.

Pour rappel, la peste porcine africaine a été détectée le 12 septembre pour la première fois en Belgique, sur deux sangliers retrouvés morts dans la commune d’Etalle. Depuis août 2019, il n’y a pas eu de cadavres frais viropositifs trouvés, ou de sanglier tiré ou piégé viropositif pour le virus. Depuis cette date, seules des ossements de sangliers positifs ont été découverts, avec des analyses indiquant que la mort de l’animal remontait à plus de trois mois. La dernière découverte (et déclaration) d’ossements date de début mars 2020, avec une mort de l’animal estimée à au moins 6 mois.

Ces bons résultats avaient motivé les autorités belges à assouplir certaines restrictions d’activités dans les zones infectées : ainsi, le 24 mars dernier, la reprise des travaux forestiers et de l’exploitation forestière avait été autorisées sous conditions.

Derniers chiffres : au 5 mai 2020, 5110 sangliers ont été analysés ou sont en cours d’analyse. Parmi eux, 833 sont revenus positifs. Côté français, au 06 avril 2020, 555 cadavres de sangliers avaient été signalés dont 520 testés et tous négatifs pour le virus.

Dans le reste de l’Europe, seuls les pays de l’est font face à une propagation préoccupante de la maladie, notamment dans l’ouest de la Pologne.

Pour refaire le point sur la stratégie de lutte contre la PPA en Belgique, cliquez sur ce lien.

* A noter que cet avis a été réalisé sur la base d’opinions d’experts. Du fait du temps imparti, une revue systématique n’a pas pu être effectuée.

Tanit Halfon
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