Polémique autour du projet de règlement européen sur l’abattage des équidés

M.N. | 11.04.2018 à 11:24:11 |
Abattoir
© fotosuper - iStock

Dans un courrier adressé à Patrick Dehaumont, Directeur général de l’Alimentation, six ONG apportent les raisons de leur opposition à la rédaction de l’article 51 du projet de règlement européen.

Ce courrier est signé par nos confrères Richard Corde, Président de la Ligue Française pour la Protection du Cheval, Jean-Pierre Kieffer, Président de l’œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs, et Natacha Harry, Présidente de la SPA. Ont aussi cosigné Christophe Marie, Directeur Pôle protection animale, Fondation Brigitte Bardot, Léopoldine Charbonneaux, Directrice CIWF France, Ghislain Zuccolo, Directeur Général Welfarm. 

Le projet de règlement européen sur les contrôles officiels sera débattu cette semaine à Bruxelles et plus spécifiquement la rédaction de l’article 51 dudit règlement sur l’abattage des équidés et qui fait polémique. 
En effet, les signataires du courrier sont fortement opposés à une telle possibilité, pour plusieurs raisons :

« - Lorsque le propriétaire d’un équidé déclare son animal définitivement exclu de la boucherie, cela rélève davantage d’une démarche éthique que d’un raisonnement sanitaire. Aussi, la rédaction de cet article 51 remet en cause la possibilité actuelle pour chaque propriétaaire d’équidé de l’exclure définitivement de la filière viande et donc de l’abattoir. 

- La problématique des limites maximales de résidus est évoquée. Si les organisations signataires ne remettent pas en cause l’intérêt, pour la santé publique vétérinaire, d’un sas sanitaire de six mois, elles sont néanmoins opposées à la mise en application de ce processus de “décontamination” de la viande ! La filière chevaline est déjà régulièrement décriée pou l’absence de soins, voire d’égards élémentaires pour le maintien en vie des équidés destinés à être abattus. Confiner des animaux dans des établissements pendant six mois avant tout abattage sera une occasion supplémentaire de les laisser livrés à eux-mêmes, dans des conditions inacceptables pour la société comme pour le consommateur. Un encadrement de cette mesure avant même sa mise en place permettrait d’apporter des garanties, tant aux ONG qu’aux professionnels de la filière chevaline des différents pays. 

- Le processus envisagé sera inévitablement source de trafic : tirer un trait sur le passé de tout équidé à condition de satisfaire à un délai de six mois favorisera l’opacité autour de l’origine de la viande. Les unwanted horses britanniques, transportés en France pour être abattus, sont déjà l’exemple d’une telle pratique.

- Il est proposé d’abattre ces chevaux « séparément ». Quel est le sens de cette proposition ? Pourra-t-elle être respectée dans des établissements rarement adaptés à l’abattage des équidés et au sein desquels de nombreux manquements à la réglementation ont déjà été relevés ? 

- Enfin, nous restons dubitatifs quant à de telles mesures au regard des flux actuels de viande de cheval, avec une réglementation à deux vitesses selon la provenance des équidés (France, Canada, Pologne ou Argentine). Cette concurrence déloyale, exacerbée par cet article 51, amplifiera encore la souffrance animale lors des transports extracommunautaires. »

Les signataires demandes ainsi à la France de s’opposer à la rédaction de cet article 51 du projet de règlement européen et de maintenir la situation normative actuelle « qui a le mérite de tendre vers une filière plus respectueuse de la protection des équidés. » 

M.N.
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