Peste porcine africaine : quelles conséquences ?

Tanit Halfon

| 01.02.2022 à 15:21:00 |
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Avec la détection de la maladie dans des élevages de République dominicaine, et tout récemment de sangliers contaminés en Italie du nord, le risque d’introduction du virus sur le territoire français est plus que jamais d’actualité. Marie-Frédérique Le Potier, chercheuse à l’Anses, rappelle les conséquences qu’impliquerait une telle introduction.

La peste porcine africaine est une maladie virale à éradication obligatoire, au vu des larges conséquences sanitaires et économiques qu’elle engendre. Après avoir été totalement éradiquée d’Europe dans les années 1990 sauf en Sardaigne où elle est enzootique, elle a de nouveau été détectée en Géorgie en 2007. Depuis, le virus s’est fortement propagé en Europe, mais aussi en Asie dont la Chine. Depuis septembre 2020, le virus circule en Allemagne de l’ouest avec de nombreuses détections chez les sangliers, ainsi que 4 foyers en élevage.

Depuis plusieurs mois, la menace pour la France est grandissante. En juillet 2021, elle a été détectée dans des élevages en République dominicaine, impliquant un risque d’introduction dans les Antilles françaises, en particulier en Guadeloupe. En janvier 2022, elle a été détectée chez un sanglier en Italie du nord dans le Piémont (commune d’Ovada), à moins de 100km avec la France. D’autres cas ont rapidement suivi avec plusieurs détections dans le compartiment sauvage entre le Piémont et la Ligure, dans une zone à forte densité de sangliers. Au total, au 24 janvier 2022, ce sont désormais 28 cas qui ont été confirmés par les autorités sanitaires italiennes. Selon les experts de la plateforme Epidémiologie Santé Animale, les connaissances sur la vitesse de propagation de la maladie, suggèrent que les cas italiens ont été détectés de manière tardive.

Face à cette menace, Marie-Frédérique Le Potier, chercheuse à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à l’unité de Virologie Immunologie Porcines, responsable du laboratoire national de référence, fait le point sur les conséquences d’une introduction de la maladie sur le territoire français, et les mesures de lutte associées. A ce jour, elles sont uniquement de l’ordre de la prophylaxie sanitaire, avec le zonage, les abattages, le contrôle des mouvements d’animaux…Sur le long terme par contre, la question d’une vaccination dans la faune sauvage pourrait se poser, mais les recherches sont toujours en cours pour trouver un candidat vaccin. La vaccination serait envisagée comme pour la peste porcine classique qui avait été éradiquée par une vaccination des sangliers, via une souche vivante atténuée en appâts, il y a une dizaine d’années.

Tanit Halfon

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