Peste porcine africaine : la France s’organise

Tanit Halfon | 25.09.2018 à 10:41:36 |
cochon
© CR

Face aux cas de peste porcine africaine signalés en Belgique, la France a mis en place un plan d’actions de prévention, de surveillance et de lutte contre la maladie. Les mesures impliquent notamment par un renforcement de la surveillance de la faune sauvage, et une sensibilisation des éleveurs.

Le 12 septembre, la Belgique confirmait deux cas de sangliers contaminés par le virus de la peste porcine africaine dans la commune d’Etalle (province de Luxembourg), à proximité des frontières française et luxembourgeoise. Au 24 septembre, le nombre de sangliers infectés passait à 9 selon l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). Face à ces signalements, le ministère de l’Agriculture a mis en place un plan d’action renforcé et spécifique à la maladie dans les quatre départements proches de la zone infectées, à savoir les Ardennes, la Meuse, la Moselle, et la Meurthe et Moselle. Le plan, validé le 14 septembre par le comité de pilotage sanitaire porcin et les membres du Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV), vise à la fois le compartiment sauvage et domestique, l’objectif premier étant de pouvoir détecter le plus précocement possible la maladie.

Aux mesures générales et habituelles de biosécurité concernant l’ensemble des élevages porcins s’ajoute un suivi rapproché des exploitations de la zone d’observation renforcée. Ainsi, les Directions départementales de la protection des populations sont en charge d’informer les éleveurs de la situation en cours en Belgique et de leur rappeler les voies de contamination et les critères de suspicion de la maladie, ainsi que les mesures de biosécurité obligatoires en élevage. Une enquête téléphonique permettra également d’évaluer le niveau de biosécurité des élevages. Le vétérinaire sanitaire fait parti intégrante du processus de surveillance des élevages. La Dgal prévoit ainsi une visite obligatoire du vétérinaire, avec pour objectif de contrôler la mise en oeuvre des mesures de biosécurité. En outre, le praticien devra contacter une fois par semaine ses éleveurs afin de s’assurer de l’absence de signes cliniques évocateurs et/ou de mortalités. A noter que dans cette zone,  une mortalité d’au moins deux animaux de plus d’un mois sur une période d’une semaine suffit pour déclencher une suspicion.

Côté faune sauvage, les quatre départements passent en niveau de surveillance 2b, du fait de leur proximité géographique avec la zone touchée en Belgique. En pratique, cela implique un renforcement de la surveillance évènementielle, notamment sur les zones à risque et de regroupements d’animaux (forêt-points d’eau), via l’élargissement du réseau des observateurs terrain aux fédérations de pêcheurs, aux forestiers et aux associations de protection de la nature. Un renforcement de la collecte des cadavres est aussi prévu, tous ceux signalés devant être obligatoirement traités. En pratique, pour chaque commune, des personnes désignés par les fédérations de chasseurs et l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), devront patrouiller une fois par semaine, pendant quatre semaines. En cas de découverte de cadavre, les prélèvements devront être réalisés sur place. En parallèle, la chasse au sanglier et aux cervidés, et les lâchers de grands ongulés, sont suspendus. Pour finir, des actions de sensibilisation des chasseurs et des promeneurs sont prévues dans les quatre départements concernés.

--------------------------------------------------------------------------------

En Belgique, 63 000 hectares sont strictement surveillés

En Belgique, la détection de la peste porcine africaine a amené les autorités sanitaires belges à définir une zone forestière de 63 000 hectares* dans laquelle toutes activités de chasse et de nourrissage sont interdites, jusqu’au 14 octobre inclus. L’objectif est d’éviter la propagation de la maladie en favorisant la dispersion des animaux par la chasse, mais aussi les attroupements propices aux contaminations. Une recherche active de cadavres de sangliers est également en cours, afin de mieux cerner la zone réellement infectée. Toute circulation y est aussi strictement interdite, incluant les travaux en forêt, et les activités de loisirs. De plus, les 58 élevages porcins de la zone sont soumis à des mesures de confinement, avec des désinfectants  qui doivent être mis aux entrées et sorties des étables et de l’élevage. 

L’ensemble du territoire belge fait également l’objet de mesures spécifiques de surveillance et de lutte, avec notamment l’interdiction de rassemblements de porcs (incluant le mélange de porcs de plusieurs élevages dans un même camion de transport), l’interdiction de nourrir les porcs avec des déchets de cuisine, ou la quarantaine pour tout nouveau animal introduit.

Il y a quelques jours, le ministre belge de l’Agriculture, Denis Ducarme, a demandé la mise en œuvre d’un abattage préventif de 4000 porcs dans la zone à risque, afin d’éviter toute propagation du virus dans le compartiment domestique, qui serait potentiellement « une catastrophe » économique et sociale pour la filière.

*Les neuf cas ont été découverts dans un périmètre de 300 hectares.

Retrouvez cet article en page 32 de La Semaine Vétérinaire n°1778 du 28 septembre.

Tanit Halfon
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK