Peste bovine: nouveau Plan d'action mondial

Clothilde Barde | 10.12.2018 à 15:26:14 |
buffles
© DECANTE FREDERIC - istock

L’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont décidé d’associer leurs actions à travers une nouvelle campagne de surveillance de la Peste bovine dans le monde.

La Peste bovine (Paramyxoviridae, du genre Morbillivirus), première maladie animale à avoir été éliminée à travers le monde en 2011, doit faire l’objet d’une vigilance constante pour prévenir une éventuelle réapparition qui serait catastrophique ont annoncé les deux organisations internationales FAO et OIE lors du lancement de leur nouveau Plan d’action mondiale le 22 novembre dernier. En effet, cette maladie très grave a causé pendant des siècles la mort de millions de bovins, de buffles, de yacks et d'animaux sauvages à travers le monde à l’origine de graves situations de famines. Son éradication a donc « joué un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire et la nutrition des populations dans le monde » a indiqué Bukar Tijani, Sous-Directeur général de la FAO, en charge du Département de l'agriculture et de la protection des consommateurs. Et il a par ailleurs ajouté que l’ensemble des acteurs concernés doivent « travailler ensemble pour conserver cet acquis ».

Une vigilance maintenue
Pour cela, le nouveau Plan d’action entend bien rappeler à chacun sa responsabilité dans la prévention. Il fait suite à d’autres initiatives comme la campagne de communication de l'OIE « Plus jamais » mise en place en mai 2017 auprès du personnel de laboratoire, des vétérinaires et des étudiants en médecine vétérinaire et se concentrera plus particulièrement sur l’importance de la vigilance à mettre en place pour prévenir tout risque de réapparition de la maladie. Ainsi, comme l’a souligné Matthew Stone, Directeur général adjoint des Normes internationales et Science de l'OIE, « Nous devons (…) nous assurer d'avoir la capacité à agir rapidement si, pour quelque raison que ce soit, la maladie réapparaissait (…). L'absence actuelle de la Peste bovine sur le terrain signifie en réalité que les troupeaux d'élevage seraient extrêmement vulnérables si la maladie réapparaissait, perturbant et causant des dommages importants pour la sécurité sanitaire des aliments et la sécurité alimentaire à travers le monde ». 
Un renforcement de la biosécurité
Avec ce programme, les pays devront préparer un plan d'urgence coordonné qui puisse être mis en œuvre dès la confirmation du tout premier cas, pour garantir le retour dans les plus brefs délais à un statut indemne mondial. Ils sont par ailleurs encouragés à améliorer « leur capacité à disposer d'outils diagnostiques et de vaccins en cas de besoin » car peu de pays disposent actuellement de ces moyens de prévention suite à la campagne d'éradication de la maladie qui avait imposé l'interdiction de l'utilisation du virus. Néanmoins, les deux organisations ont rappelé que seuls les établissements qui disposent d’échantillons qui pourraient être utilisés pour obtenir des vaccins en urgence et qui peuvent les entreposer sans risque devraient en conserver. Pour les autres, un programme est disponible pour leur permettre d’éliminer les derniers spécimens du virus de la Peste bovine encore détenus. Jusqu'à présent, seule l'Union africaine dispose d'un accord régional en ce sens.
Un modèle d’éradication à dupliquer 
La réussite de l’éradication mondiale de la maladie en 2011, qui a reposé sur la vaccination et surtout sur la connaissance profonde de la maladie par les populations touchées, reste toutefois un exemple que la FAO et l'OIE souhaitent reproduire pour d’autres maladies similaires. Ainsi, cette maladie sert actuellement de modèle pour la nouvelle campagne de lutte contre  la Peste des petits ruminants, maladie qui affecte les ovins et les caprins et qui cause chaque année des pertes colossales en élevage (environ 2,1 millions de dollars par an à travers le monde).

Clothilde Barde
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