Objectif données d’élevage

Tanit Halfon | 20.09.2018 à 14:16:35 |
Un éléveur dans son champ en train de noter des données
© simonkr – istock

Les éleveurs s’équipent d’un nombre croissant de capteurs permettant de suivre l’état de leur cheptel. La conséquence : des mégadonnées qui, avec les avancées technologiques, deviennent valorisables, mais surtout monnayables. Face à ce nouvel enjeu économique, le vétérinaire rural cherche sa place… au risque de se voir exclu des élevages ?

A qui appartiennent les données d’élevage ? Aux agriculteurs, répond la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Au printemps, le principal syndicat agricole, en partenariat avec celui des Jeunes Agriculteurs, publiait la charte Data Agri, qui place l’agriculteur (et l’éleveur) au centre des données d’élevage. « L’agriculteur dispose d’un droit d’accès, de retrait et un droit à l’oubli au regard du traitement des données », dit la charte. En clair, il est libre de mettre ses données à disposition, ou pas, des différents acteurs de l’élevage. Dont le vétérinaire. Ce dernier peine à trouver sa place dans cette nouvelle chaîne de valeurs. Le livre bleu de Vetfuturs, qui interroge l’avenir de la profession vétérinaire, l’exprime d’ailleurs clairement au travers de plusieurs questionnements : « Doit-on envisager de nouvelles spécialisations, notamment pour les compétences liés aux nouvelles technologies ? », « Comment permettre aux vétérinaires d’accéder aux données notamment de télémédecine (…) ? », ou encore « Quelle place demain pour des data scientists (« experts en mégadonnées », NDLR) ou des bio-informaticiens dans les équipes ? Quelle place pour les vétérinaires dans les équipes de data scientists ? » Mais pourquoi la donnée d’élevage est-elle devenue une nouvelle source de valeurs ? « En valorisant les données, on cherche à mettre en évidence des corrélations, mais aussi à générer des services », explique Jean-Marc Bournigal, vétérinaire et ancien directeur de l’Institut national de recherche en sciences et technologies de l’environnement et l’agriculture (Irstea). Auteur d’un rapport publié en janvier 2017 sur la faisabilité de la construction d’un portail numérique de données agricoles, il estime que « l’arrivée de ces nouveaux systèmes numériques pose la question de leur impact sur l’exercice du métier de praticien ». Les mégadonnées agricoles sont-elles en train de redéfinir le métier de vétérinaire rural ?

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 46-52 de La Semaine Vétérinaire n° 1777.

Tanit Halfon
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