Mouvement des « gilets jaunes » : quelles répercussions sur l’activité des vétérinaires ?

Chantal Béraud | 05.12.2018 à 15:31:54 |
Gilets jaunes
© Anthony Le Breton

Si les vétérinaires ne sont évidemment pas directement visés par les actions des « gilets jaunes », il reste que la profession en ressent des effets indirects. Petit tour d’horizon.

Jusqu’à présent, aucun fait de vandalisme de cliniques n’a encore été porté à la connaissance de l’Ordre national des vétérinaires. L’impact le plus important des manifestations des « gilets jaunes » sur la profession se traduit pour l’instant par un ralentissement de l’activité, surtout sensible les samedis. En témoigne le Dr Yannick Perennes, membre du Conseil régional Grand Est de l’Ordre des vétérinaires, également vétérinaire canin au Centre Hospitalier Pommery, à Reims. « Chaque samedi, notre activité de référés a très fortement chuté. Tout se passe un peu comme lors d’un jour de neige : nos clients extérieurs nous téléphonent pour annuler leurs rendez-vous, car ils craignent de se retrouver bloqués en ville ! »  Le phénomène serait encore plus accentué pour des cliniques localisées vers des zones sensibles telles que des ronds-points stratégiques, des grandes surfaces, des centres des impôts, des préfectures… 

Des perturbations et des ralentissements 
Le Dr Yannick Perennes pense que dans une majorité d’endroits en province, « il y a certes des entraves à la circulation, mais sans atteindre le niveau de violence de la capitale. J’ai en effet discuté avec des consoeurs parisiennes, qui n’étaient vraiment pas rassurées, y compris pour la sécurité de leurs locaux ». Preuve supplémentaire apportée par Yannick Perennes d’une ambiance parfois assez bon enfant qui règne heureusement sur certains barrages locaux : « On a eu une assistante bloquée qui s’est mise à pleurer. Les « gilets jaunes » l’ont immédiatement laissée partir quand elle leur a expliqué qu’elle travaillait pour des soins vétérinaires ». Et de conclure : « Il ne faudrait quand même pas que cela dure trop longtemps, l’activité économique est ralentie pour tout le monde… ».
Du côté du Finistère, c’est la restriction de l’accès aux carburants (30 € par personne et par jour) qui commence aussi à perturber l’activité de certains vétérinaires, notamment ruraux. Ils ne sont en effet pas inscrits dans la liste des professions d’accès prioritaire. Si la situation venait encore à s’aggraver, sans doute leur faudrait-il envisager d’agir comme lors de conflits précédents, où la profession avait parfois obtenu des dérogations, en s’adressant directement aux préfets concernés.

Vers un apaisement de la situation ?
Les vétérinaires, comme les autres, vivent donc la crise au quotidien. « On en parle avec les clients » constate  Éloïse, ASV au Puy-en-Velay (Haute-Loire). Sa clinique se situe non loin de la Préfecture, qui a été incendiée. Une violence qu’elle réprouve : « Je trouve qu’ils ont raison de manifester mais pas au point d’aller jusqu’à brûler un bâtiment public ». Une analyse que partage un Dr vétérinaire, installé au centre-ville de Saint-Étienne (Loire) et qui témoigne anonymement : « Non aux casseurs qui ont détruit les vitrines d’au moins trois banques, des abris bus, des parcmètres… C’est inadmissible, comme de s’en prendre à la vie de policiers.  En revanche, je comprends en partie ce mouvement : la ville de Saint-Étienne n’est pas très riche. Beaucoup de gens viennent y travailler en voiture. Oui, il faut que le gouvernement réponde aux besoins de la France de la périphérie. Aujourd’hui, c’est la désolation. J’espère que, demain, ce ne sera pas la terreur ».  Les jours à venir seront justement déterminants pour voir si les propositions formulées, mardi, par le Premier Ministre parviendront ou pas à apaiser la crise…

Chantal Béraud
2 commentaires
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soleil66 le 05-12-2018 à 21:43:48
Un veterinaire parisien a eu sa clinique saccagé faudrait peut être en parler quand même
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FW dubitatif le 05-12-2018 à 23:05:36
Apparemment, il ne l'a pas signalé au CRO de sa région...
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