Moustiques vecteurs : une indispensable approche One Health - Le Point Vétérinaire.fr

Moustiques vecteurs : une indispensable approche One Health

Marine Neveux

| 26.04.2024 à 15:59:00 |
© LoveSilhouette/Istock

Le 25 avril 2024, l’Anses a organisé une journée thématique « Moustiques vecteurs : comment répondre aux enjeux actuels ? ». Le sujet est d’importance à l’heure où les menaces pèsent sur la santé publique.

Frédérique Chlous, directrice du département Homme & Environnement du MNHN a rappelé en introduction qu’agir « pour notre santé doit prendre en compte la biodiversité ». C’est une réflexion complexe. Les humains sont totalement impliqués dans les écosystèmes, et plusieurs grandes pressions pèsent sur la biodiversité : les changements d’usage des terres et de la mer, les changements climatiques, la surpopulation de certains organismes, la pollution, les espèces exotiques envahissantes. Elle en appelle à deux approches : systémique par l’approche Une Seule Santé (One Health), mais aussi avec une exigence temporelle, « on est dans un monde en changement rapide » martèle t-elle.

Les questions sont nombreuses : Comment faire avec les moustiques vecteurs de maladies ? Comment la lutte doit-elle intégrer la biodiversité ? Quelles innovations techniques, sociales convient-il de prendre en compte ?

Jean-Claude Desenclos, Santé Publique France, pointe la nécessité d’une « surveillance intégrée face aux risques infectieux dans un contexte global en évolution ». Et d’ajouter que si « le remps politique est très court, il faudrait y rajouter le temps long ».

Les maladies à transmission vectorielle sont un sujet majeur qui nécessitent une approche One Health, une surveillance, une analyse de données, des échanges, etc.

L’approche n’est pas toujours évidente face à l’émergence de nombreux cas, comme l’illustre à Sacramento (Californie), une épidémie d’encéphalite en 2005. La réponse avait été la diffusion par avion d’un traitement adulticide insecticide, contre les vecteurs. « Cette expérience montre qu’après le temps zéro du traitement aérien, on voit disparaitre les cas dans la zone traitée et on obtient un plateau. Il y a peu d’équivalent dans la littérature de ce type d’action. Dans une situation critique, il est intéressant de voir ces résultats, cela permet de dépasser un moment difficile même si ce n’est pas forcément reproductible… » 

Détecter précocément

Si l’on détecte précocement une maladie à transmission vectorielle, est-ce que l’on aura moins de cas ? Un meilleur contrôle ? Jean-Claude Desenclos cite l’exemple de la surveillance des arboviroses transmises par Aedes aegypti. « Est-ce que le fait de détecter précocement est associé à un risque moindre de voir l’apparition d’un foyer ? » Oui ! « On a pu montrer qu’un délai de moins de 20 jours de déclaration d’un cas importé réduisait le risque de survenue par 20 ».

Une surveillance intégrée

Selon l’OMS, le concept de surveillance intégrée est une « combinaison de systèmes de surveillance actif et passive basés sur une infrastructure commune pour rassembler les informations nécessaires sur les maladies et comportements de santé d’intérêt en santé publique ». Il faut sortir de la verticalité, intégrer la dimension intersectorielle notamment « One Health » au carrefour de la santé humaine, animale et de l’environnement.

L’exemple de la surveillance du virus West Nile en France est particulièrement riche d’enseignement, notamment en Gironde avec une intégration de tous les acteurs et une veille pertinente par une approche One Health.

Marine Neveux

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