Les vétérinaires sont régulièrement menacés par leurs clients

Bénédicte Iturria | 26.10.2017 à 14:19:00 |
Client menaçant
© PEPIFOTO – iSTOCK

Selon un récent sondage, près de neuf vétérinaires britanniques sur dix ont subi des intimidations de la part de leurs clients au cours des 12 derniers mois.

Le 6 octobre dernier, la British Veterinary Association (BVA) a publié les statistiques d’une enquête à laquelle ont participé plus de 1 600 de ses membres. Elle révèle que 85 % des praticiens ont déclaré qu’ils, ou une personne de leur équipe, se sont sentis menacés par des clients : alors que près de la moitié des vétérinaires ont été personnellement intimidés par le comportement ou le langage de leurs clients, de nombreux confrères ont fait remarquer que leurs employés, les réceptionnistes par exemple, subissaient également les conséquences d’une attitude agressive. Cela se traduit par des injures, des cris, un chantage à la dégradation des biens, des menaces de diffamation sur les réseaux sociaux et même de mort. Environ six vétérinaires sur dix ont reconnu avoir été intimidés au moins tous les deux mois (en personne ou un membre de la clinique) et presque un tiers au moins une fois par mois. Un praticien sur huit (13 %) dit avoir subi des propos ou des comportements menaçants chaque semaine.

Une attitude souvent liée au coût du traitement
Ce problème a plus communément été ressenti en clientèles canine et mixte, avec 89 % de praticiens signalant une forme d’expérience intimidante. En outre, les jeunes vétérinaires et les consœurs sont plus susceptibles d’éprouver ce genre de difficultés. 
Le sondage de la BVA montre aussi que l’attitude des propriétaires d’animaux est souvent liée au coût du traitement. Certains clients deviennent agressifs lorsqu’ils sont invités à ramener leur animal pour un suivi ou sont fâchés par le prix suggéré, accusant les soignants d’être des « individus guidés par l’appât du gain ». 90 % des vétérinaires ont affirmé qu’ils, ou un membre de leur équipe, ont été critiqués pour leurs tarifs et 98 % ont été poussés, sous la pression de clients difficiles, à renoncer à leurs honoraires ou à accepter la promesse d’un paiement différé.

Retrouvez l'intégralité de cet article en page 14 de La Semaine Vétérinaire n° 1737.

Bénédicte Iturria
3 commentaires
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Véto trés contrarié le 27-10-2017 à 10:17:00
Ces pratiques ne sont pas l'apanage britannique. De la déférence et la soumission connues par nos pairs, nous en sommes au mépris et aux menaces, associés à des débordements verbaux en tout genre, dont les causes sont effectivement en général les tarifs pratiqués et/ou les délais d'intervention. En revanche, cette même clientèle n'a aucun scrupule à quitter la clinique en laissant des paiements différés, voire même aucun ou à imposer ses tarifs. A quand un retour aux vraies valeurs et aux bonnes manières :) ?
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vetoto le 28-10-2017 à 10:06:24
Encore une fois merci à internet et son pouvoir de désinhibition, merci à la téléréalité qui met en avant des bandes d'idiots décérébrés qui font rêver nos jeunes générations et leurs parents, merci à notre système éducatif et son nivellement par le bas, merci à nos politiques et leurs mauvaises manières...
En revanche, ce serait super que notre CSO fasse un rapport sur toutes les incivilités déclarées par nos collègues.
Pour ma part, j'ai mis en avant au sein de la clinique une affiche rappelant que " le respect est chez nous une valeur essentielle et que tout comportement inadapté à l'égard du personnel pourra donner suite à des poursuites".
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FW dubitatif le 29-10-2017 à 10:59:49
S'il était question de prendre le mal par la racine, c'est à dire le paiement des actes. Pourquoi ne pas rêver à un système de mutuelle obligatoire (une annexe de la sécu humaine en fait) payée par tous (animaux ou pas) qui réglerait l'intégralité de nos honoraires selon les barèmes nationaux établis ?
- fin des agressions pour raisons financières;
- fin de la perversion de notre relation avec nos clients pour des raisons financières;
- fin des impayés (enfin !!!);
- hausse conséquente de la qualité des soins pour les animaux.
Bref, que des avantages, et ce pour un prix par habitant modique (tout est relatif, n'est-ce pas...)
Je m'étonne que toutes les associations végano-végétario-pro-animaux-culculapraline ne l'aient pas encore suggéré...
I had a dream...
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