Les rongeurs domestiques sont une source possible de Leptospires

Tanit Halfon | 07.11.2017 à 11:56:54 |
rat
© ZapikanStudio - iStock

Posséder un rongeur de compagnie apparaît comme un facteur de risque de la leptospirose. Un travail de sensibilisation s’impose auprès des futurs adoptants.

Le risque de transmission de la leptospirose par les rongeurs domestiques semble occulté, en témoigne une étude récente publiée dans Eurosurveillance (octobre 2017). Les auteurs y présentent six cas cliniques humains de leptospirose, répertoriés en France (3) et en Belgique (3) entre 2009 et 2016, dont la source probable d’infection est apparue comme étant la souris ou le rat de compagnie.

Les individus malades, 4 femmes et 2 hommes, âgés de 21 à 57 ans, ont tous été hospitalisés. Aucun ne présentait d’antécédent médical. Tous avaient été en contact avec un rongeur domestique. Aucun autre type d’exposition pouvant être potentiellement à l’origine de la contamination n’a pu être identifié. Deux individus partageaient le même appartement. Des séquelles neurologiques n’ont été rapportées que sur un seul patient, tous ayant été traités, avec succès, avec des antibiotiques (céphalosporines ou béta-lactamines). Un examen sérologique de type Elisa est revenu positif pour tous les malades, et a été associé à un test MAT (microscopic agglutination test) permettant le sérotypage des souches. Le sérogroupe Icterohaomorrhagiae a été identifié chez trois personnes et Sejroe chez une autre. Chez les deux patients restants, aucune agglutination avec une leptospire pathogène n’a pu être observée.

Tous les rongeurs de compagnie ont été euthanasiés quelques mois après le diagnostic de leptospirose chez le propriétaire.  Pour 4 cas sur 6, une correspondance a été trouvée avec le sérogroupe déterminé chez le malade (Icterohaomorrhagiae et Sejroe), confirmant l’origine de la contamination.

Posséder un rongeur de compagnie apparaît comme un « facteur de risque émergent » de la leptospirose chez l’Homme. Les auteurs recommandent d’encourager la sensibilisation des propriétaires concernés, notamment en les invitant à utiliser des gants ou autres protections cutanées pour minimiser tout risque de transmission. Idéalement, ces animaux devraient aussi venir de centres contrôlés, au « statut sanitaire sain ».

Notons tout de même que l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) ne retient pas Leptospira spp. comme danger sanitaire, dans son rapport de 2016 sur la hiérarchisation des dangers sanitaires chez les nouveaux animaux de compagnie, de cirque, de zoo et de laboratoire. L'agence souligne que les rongeurs de la faune sauvage constituent le principal réservoir de la bactérie. Les nouveaux animaux de compagnie, du fait de leur mode de vie, sont donc peu exposés à l'agent pathogène. De plus, le nombre d'êtres humains contaminés via un rongeur de compagnie s'avère anecdotique.

Pour rappel, la transmission de la leptospirose à l’Homme se fait par contact direct ou indirect via les urines des animaux infectés. La pénétration de la bactérie s’effectue par les muqueuses conjonctivales, pharyngées, cutanées et rarement par inhalation ou aérosols. Les symptômes ne dépendent pas du sérovar en cause. Dans la grande majorité des cas, la maladie évolue sous une forme bénigne.

Eurosurveillance est un journal européen dédié à l’épidémiologie, la surveillance, la prévention et le contrôle des maladies transmissibles d’intérêt en Europe.  Toutes les publications sont accessibles gratuitement en ligne.

Tanit Halfon
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