Les pays redoublent d’efforts pour lutter contre l’antibiorésistance

Michaella Igoho Moradel | 08.08.2018 à 07:30:00 |
Stéthoscope et globe
© sudok1 – iStock

La FAO se félicite de l’implication des états pour lutter contre l’antibiorésistance, malgré les écarts importants qui persistent entre eux.

Selon un rapport publié le 18 juillet par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plusieurs pays ont réalisé des progrès importants en matière de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Toutefois, les organisations soulignent que de sérieuses lacunes persistent et exigent une action urgente.

Le rapport retrace les progrès réalisés dans 154 pays et révèle des écarts importants entre eux. Certains, y compris de nombreux pays européens, travaillent sur des politiques liées à la RAM dans le secteur de la santé humaine et animale depuis 40 ans. « D'autres ont par contre tout juste commencé à prendre des mesures pour contenir la menace. Les progrès réalisés au niveau du développement et de la mise en œuvre des plans ont été plus significatifs dans les pays à revenu élevé que dans les pays à faible revenu, cependant tous les pays peuvent encore s'améliorer. Aucun des pays sujets à l'étude n'a démontré de capacités durables dans tous les domaines » indique la FAO. 

Le rapport met l'accent sur les domaines, en particulier dans le secteur animal et alimentaire, où il est urgent d'agir et d'investir davantage. Par exemple, seuls 64 pays ont confirmé qu'ils suivaient les recommandations de la FAO, de l'OIE et de l'OMS en vue de limiter l'utilisation des antimicrobiens d'importance critique pour stimuler la croissance dans le secteur de la production animale. Parmi ces 64 pays, 39 sont des pays à revenu élevé et la majorité d'entre eux se situent en Europe. En revanche, seuls 3 pays en Afrique et 7 en Amérique ont franchi cette étape importante qui permettra de réduire l'émergence de la résistance aux antimicrobiens.
Selon ce rapport, 67 pays ont signalé avoir instauré au moins une loi visant à contrôler tous les aspects de la production, du permis à la distribution des antimicrobiens utilisés chez les animaux. 56 pays ont par ailleurs déclaré soit qu'ils ne disposaient pas de politiques ou de législation nationale pour contrôler la qualité, la sécurité et l'efficacité des produits antimicrobiens utilisés dans la santé animale et végétale, ainsi que leur distribution, leur vente et leur utilisation, soit qu'ils n'étaient pas en mesure de rendre compte des politiques actuellement mises en place.

« Aider les pays à faible et à moyen revenu à appliquer les conseils nécessaires pour une utilisation responsable et prudente des antimicrobiens avec les animaux est une priorité absolue. La mise en œuvre des normes internationales de l'OIE, l'élaboration d'une législation nationale appropriée et le renforcement des services vétérinaires sont des étapes essentielles afin d'aider les principaux protagonistes du secteur de la santé animale à contrôler la menace posée par la résistance aux antimicrobiens » a indiqué le Dr. Matthew Stone, Directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

 

Michaella Igoho Moradel
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