Les libéraux : entre asphyxie et nouveau souffle

Marine Neveux | 13.12.2018 à 14:28:15 |
 De gauche à droite : Michel Chassang, Président de l’Unapl, Xavier Bertrand, Président du conseil régional des Hauts-de-France et Corinne Lepage, Présidente de Cap21.
© unapl/phanie

Le contexte national, les réformes difficiles à s’approprier, le poids des taxes et des charges, le manque de flexibilité, le maillage du territoire, l’innovation, l’indépendance, etc. : beaucoup de sujets brûlants étaient au cœur des échanges des libéraux lors du 26e congrès national des professions libérales, à Paris, le 7 décembre.

« La valorisation du capital humain et économique des entreprises libérales dans la transformation de la société » était le fil rouge du 26e congrès de l’Union nationale des professions libérales (Unapl), qui s’est tenu le 7 décembre à Paris. Une quête de solutions qui a tout son sens en cette période de grogne et de transformation de la France.     
Sans dresser de tableau noir, alors que l’actualité s’en charge déjà, les motifs d’insatisfaction sont prégnants pour les libéraux ces derniers mois dresse en bilan des actions du gouvernement, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), « il fallait donner plus de souplesse aux libéraux .». « Dans les autres pays, on taxe moins les indépendants, en France, c’est trop, beaucoup trop. » Ces contraintes croissantes sont aussi bien la suppression du Régime social des indépendants (RSI vers le régime général, avec les cotisations alors sur la part employeur et salariée), l’iniquité dans la façon d’aborder le prélèvement à la source, le chômage, le sujet “hautement délicat” des retraites, les taxes, etc.

Les libéraux confrontés à un flot de réformes
Depuis 18 mois, « nous constatons un flot de réformes », ajoute Emmanuel Lechypre, économiste, rédacteur en chef, responsable du centre de prévision de L’Expansion : loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), réforme fiscale du travail, du prélèvement à la source, suppression du RSI, etc. « Certaines choses vont dans le bon sens, modère-t-il. La loi Pacte n’ajoute pas de contraintes pour les entreprises, la réforme du travail permet un plafonnement des indemnités prud’homales. » Mais plusieurs réformes ne vont pas assez loin, selon Emmanuel Lechypre, et plusieurs demandent une évolution des hautes administrations qui ne répondent pas aux attentes des Français. « Derrière ce qui pourrait être de bonnes intentions, apparaît un président de la République qui travaille de façon trop “haute technocratie” ». Autre reproche : sa verticalité. « Beaucoup de réformes sont mêmes ringardes, comme si la taxe était la réponse à tous les problèmes ! »
Alain Griset, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), évoque aussi l’insatisfaction autour des retraites : « Les professionnels libéraux ont une particularité. Passer à trois plafonds annuels de la Sécurité sociale (Pass) fait que le choix du professionnel indépendant va quasiment disparaître. » En outre, « si on bascule du système de trimestre au système de points, qui va déterminer ces points ? Quel sera le montant de la cotisation ? Nous avons souhaité que ce soit limité à 1,5 Pass. » 
Philippe Gaertner, vice-président, délégué santé de l’Unapl, note aussi cette confrontation des libéraux à la multiplication des changements : « Il existe un problème d’appropriation, de pédagogie. Je pense qu’il y a un manque de dialogue, la volonté d’écarter les corps intermédiaires, avec le risque d’une rébellion intellectuelle par rapport à ce genre de considération. » Il identifie aussi « des mesures clairement favorables, avec une volonté de remettre la branche au cœur des entreprises, au lieu des interprofessions parfois non adaptées aux TPE ». 
« Bercy ne connaît pas les entreprises libérales, c’est vraiment un sujet que le ministère ignore », insiste Denis Raynal, président de la commission économique et fiscale de l’Unapl.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 10-11 de La Semaine Vétérinaire n° 1789.

Marine Neveux
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