Les idées reçues concernant l’alimentation des carnivores

Pierre Dufour | 30.08.2018 à 11:17:09 |
Nourriture pour chiens et chats
© humonia – iStock

De nombreuses idées reçues circulent sur l’alimentation des animaux de compagnie. Le vétérinaire doit savoir y répondre, car elles aboutissent à des rations déséquilibrées, sources de carences ou d’excès, et sont à l’origine de la réapparition de maladies d’origine nutritionnelle.

Les idées reçues concernant l’alimentation des chiens et chats ont fait l’objet d’une conférence de Marianne Diez (service de nutrition de la Faculté de médecine vétérinaire de Liège) lors du dernier congrès FranceVet en juin 2018 à Paris. 

Idée reçue n° 1 : les chiens descendent du loup et se nourrissent de viande

La domestication du chien est à l’origine de nombreuses différences avec le loup : mode de vie (nature, en meute versus maison), activité (chasse versus activité limitée), nombre de repas (un repas volumineux, jusqu’à 22 % du poids corporel versus une gamelle remplie, plusieurs fois par jours), sources énergétiques (développement de capacités de digestion de l’amidon pour le chien). 
La comparaison des compositions des aliments montre une différence. Alors que le loup se nourrit de proie apportant 54 % d’énergie protéique, 45 % d’énergie lipidique et 1 % d’énergie glucidique, le choix du chien domestique (en conditions expérimentales) se porte sur 30 % d’énergie protéique, 63 % d’énergie d’origine lipidique et 7 % glucidique. Cette attirance pour les lipides n’est pas recommandée, car excessifs chez les animaux sédentaires. 
La viande crue, sans os, ne contient que 10 à 11 nutriments essentiels. La viande grasse de poulet apportera en plus un peu d’acide arachidonique. Les os charnus, qui sont la base du régime BARF (Bones and Raw Food ou Biologically Appropriate Food) apporteront des minéraux. Cependant, ces deux types de régime ne constituent pas des aliments complets et équilibrés. Les viandes grasses sont trop riches, et la stérilisation comme la sédentarité ont réduit les dépenses énergétiques, conduisant à un risque de surpoids.

Extrait d’un article à paraître dans La Semaine Vétérinaire n° 1773-74 pages 26-27, à paraître  publié le 31/08/2018.

Pierre Dufour
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