Les compétences non techniques des vétérinaires praticiens

Diane Pendariès-Issaurat | 26.04.2018 à 14:47:46 |
infographie LSV
© LSV

Outre son rôle de soignant, le vétérinaire praticien doit aujourd’hui maîtriser un grand nombre de compétences non techniques, pour réussir sa vie professionnelle, en lien avec l’évolution de la société. Une thèse de doctorat vétérinaire a cherché à évaluer la perception qu’ont les jeunes de ces compétences, ainsi que les vétérinaires plus expérimentés.

Même si le rôle central du vétérinaire praticien est d’être un soignant et que, dans ce cadre, il utilise des compétences techniques, celles dites non techniques apparaissent comme indispensables pour l’exercice professionnel. La société évolue vers un modèle de plus en plus axé sur le service. De ce fait, les attentes des propriétaires d’animaux changent. Ils souhaitent une offre de service plus personnalisée de la part de leur vétérinaire, et ce aussi bien en rurale, en canine qu’en équine. La relation avec leur praticien évolue aussi : ce dernier, qui était auparavant le sachant, doit désormais défendre ses connaissances face à Internet, que les clients consultent avant la visite. Les vétérinaires eux-mêmes ont évolué et aspirent à un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Ceci peut se voir selon plusieurs indices comme l’augmentation du salariat ou le fait que 31 % des sortants de l’Ordre soient âgés de moins de 40 ans. Cette évolution se ressent également au niveau de la problématique du recrutement et des difficultés d’insertion des jeunes vétérinaires dans le monde du travail, mise en évidence par l’enquête de la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER). Pour exemple, cette dernière montre que les jeunes diplômés estiment avoir un solide bagage scientifique et technique en sortant de l’école. En revanche, au moins la moitié des répondants pensent ne pas avoir été suffisamment préparés pour l’insertion dans le monde du travail. Plus d’un tiers d’entre eux considèrent avoir des difficultés en gestion d’entreprise, tandis que 13 et 15 % en ressentent respectivement dans la recherche du premier emploi et dans la communication. Ces évolutions font ressortir la nécessité chez les praticiens de mettre en avant d’autres compétences que leur seule maîtrise de la médecine et de la chirurgie vétérinaire.  Dans ce contexte, une enquête a cherché à faire un état des lieux de la maîtrise des compétences non techniques par les débutants, de leur propre point de vue et de celui de leurs employeurs, à mettre en évidence celles qui sont importantes aux yeux des vétérinaires expérimentés et à déterminer la période d’acquisition de l’ensemble de ces compétences.

Équilibre professionnel et satisfaction du client
La compétence correspond à un ensemble d’éléments de savoir, de savoir-être et de savoir-faire. Pour maîtriser une compétence, ces éléments doivent pourvoir être mis en œuvre dans une grande variété de situations. Les compétences non techniques se rapportent à tout ce qui gravite autour de la profession vétérinaire, sans être directement liées aux activités médicales. Tout le monde n’a pas besoin des mêmes compétences non techniques dans l’exercice de ses fonctions, cependant, un certain nombre d’entre elles sont essentielles à la réalisation du vétérinaire dans sa vie professionnelle. Elles apportent un équilibre à celui qui les possède et jouent un rôle non négligeable dans le succès du praticien dans sa carrière. La satisfaction des employeurs vis-à-vis de leurs employés serait due à 25 % aux compétences techniques, mais à 42 % de plus aux compétences non techniques, une fois les compétences techniques maîtrisées. La satisfaction des clients passe elle aussi par les compétences non techniques, comme le montre la grande majorité des plaintes reçues contre les vétérinaires et qui sont dues à un problème de communication. Si, dans cette enquête, les débutants et les expérimentés sont, pour plus des trois quarts des questions, du même avis, notons tout de même que, pour presque toutes les questions, les débutants sont plus confiants sur la maîtrise de leurs compétences que ne l’évaluent leurs employeurs. Ce phénomène avait déjà été observé dans une précédente enquête.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 42-47 de La Semaine Vétérinaire n° 1761.

Diane Pendariès-Issaurat
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK