Les chiens brachycéphales : la « plus grande controverse actuelle de notre filière » 

Karin de Lange | 26.04.2018 à 15:50:09 |
Entrée du congrès BSAVA
© Anne-Claire Gagnon

Parmi les 550 conférences présentées au congrès de l’Association britannique des vétérinaires canins, une journée complète était dédiée au fléau de la sélection des chiens à conformation extrême.

Une journée entière, dans la plus grande salle du site, était consacrée aux défis médicaux, chirurgicaux et éthiques des chiens brachycéphales - la « plus grande controverse dans notre filière en ce moment », selon David Sarga, généticien (Université de Cambridge) lors du congrès de la British Small Animal Veterinary Association (BSAVA), qui s’est tenu début avril à Birmingham. Les chiffres ne mentent pas. « Dans les années 90, il y avait moins de 300 bouledogues français enregistrés auprès du Kennel Club, pour atteindre plus de 30 000 en 2017 ». L’importation, légale et illégale, suit cette tendance : « 90% des chiens importés illégalement et saisis sont des jeunes brachycéphales. » Les problèmes de ces chiens sont multiples et coûteux, et impactent sévèrement leur bien-être. Quant aux moyens d’y remédier, les avis divergent. Emma Milne, vétérinaire et fondatrice du groupe Vets against brachycephalism rappelle que ce type de chien est sélectionné par l’homme et que leur souffrance devrait être abrogée par une interdiction de leur élevage. Elle fait référence à une nouvelle législation qui interdirait de produire une descendance qui risquerait de souffrir. Jane Ladlow, professeure en chirurgie des animaux de compagnie (Université de Cambridge) et fondatrice du groupe de recherche sur le syndrome d’obstruction respiratoire des brachycéphales (BOAS) propose quant à elle de s’appuyer sur l’indice BOAS des parents et des facteurs de risque pour une sélection raisonnée. Nick Blayney, ancien président de la British Veterinary Association et président du groupe « santé canine » du Kennel Club regrette que les vétérinaires ne déclarent pas plus les césariennes, qui aiderait à mettre fin à des lignées à la conformation trop excessive. Tous (ou presque) se sont accordés sur l’importance de l’éducation du public (souffrance, coûts médico-chirurgicaux associés) afin de réduire la popularité de ces chiens – « pas chose facile, vu qu’un autre film Disney sur un carlin sortira cet été » – et orienter la sélection vers des conformations plus saines, basée sur un test à l’effort et un test ADN prometteur annoncé  prochainement.

Retrouvez les autres thématiques abordées lors de ce congrès dans La Semaine Vétérinaire du 27/04/2018 pages 25 et 26.

Karin de Lange
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