Le Sénat alerte sur les conséquences du réchauffement climatique sur l’agriculture

Tanit Halfon | 25.06.2019 à 10:18:05 |
maïs sec
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La délégation sénatoriale à la prospective a publié un rapport sur l’adaptation de la France aux dérèglements climatiques à l’horizon 2050. Le secteur de l’élevage apparaît particulièrement vulnérable au changement climatique.

Mi-mai, Ronan Dantec et Jean-Yves Roux, membres de la délégation sénatoriale à la prospective, rendait publique un rapport d’information sur l’adaptation de la France aux dérèglements climatiques à l’horizon 2050. Pour eux, l’urgence est déclarée. « Il faut cesser de croire que les impacts du réchauffement climatique sont des phénomènes trop lointains ou incertains pour qu’il soit nécessaire ou possible de s’y préparer. On dispose désormais d’outils scientifiques d’observation qui montrent que le réchauffement climatique et ses stigmates sont déjà là (…) », ont-ils affirmé en introduction du rapport.

Le secteur agricole est décrit comme le « secteur économique le plus directement exposé aux mutations du climat », et par voie de conséquence celui de l’élevage.

Parmi les effets néfastes, la sécheresse menace particulièrement l’élevage, en témoigne celle de 2018, un exemple cité par les auteurs. Durant cet épisode, le manque de fourrage et de paille provoqué par la sécheresse, et la hausse de leurs prix, a amené à « une décapitalisation du cheptel laitier », avec une hausse de 7,5% des abattages de vaches laitières en octobre 2018 par rapport à octobre 2017. La conséquence : une chute du coût de la viande, et des pertes totales estimées entre 1,5 et 2 millions d’euros.

Les auteurs indiquent ainsi que les périodes de sécheresse vont être de plus en plus longues, passant d’une moyenne de 2 mois (mi-juillet à mi-septembre) à une période 4 mois (mi-juin à mi-octobre), mais aussi de plus en plus intenses. Pour la période 2071-2100, les prédictions sont pires : la sécheresse devrait durer en moyenne 6 mois, de mi-mai à mi-novembre.

Face à ces constats, les auteurs ont émis plusieurs recommandations. Parmi elles, la proposition n°18 est la mise en place d’un plan national d’adaptation de l’agriculture, « pour en faire un atout dans la transition climatique et préserver la souveraineté alimentaire de la France ». Trois leviers sont identifiés : une meilleure rémunération des services agro-environnementaux pour accélérer la mutation vers l’agroécologie ; un travail sur l’irrigation notamment via le développement du stockage de surface ; et un renforcement des mécanismes de couverture assurantielle.

A noter que le scénario envisagé se base sur l’hypothèse du maintien du cadre géopolitique mondial tel que l’on le connaît actuellement, un scénario qualifié de « relativement optimiste » par les auteurs. « Le scénario postulé dans ce rapport est que la communauté internationale parviendra effectivement à se mobiliser pour maîtriser les émissions de GES à un niveau qui évite un emballement complet et catastrophique de la machine climatique mondiale », ont-ils précisé. Dans le cas contraire, les politiques d’adaptation seraient secondaires. « Dans un tel contexte de crise internationale majeure, l’enjeu ne serait plus d’adapter la France aux dérèglements climatiques, mais bien d’assurer sa continuité dans un monde devenu anarchique ».

Pour consulter le rapport, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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