Le portable, un « parasite » cérébral ?

Tanit Halfon | 05.07.2017 à 16:10:50 |
portable
© creativedoxfoto

Selon une étude, le portable réduirait nos capacités cognitives, d’autant plus que la dépendance à l’appareil s’avère forte.

La vie sans portable a t-elle jamais existé, tant il semble indispensable aujourd’hui. En témoigne son usage à tout moment de la journée et de la nuit. Des études ont même démontré que 91% des gens ne quittent jamais leur domicile sans lui, et 46% estiment qu’il serait impossible de vivre sans. L’oublier est devenu une source d’angoisse.

Face à ce constat, une étude, publiée en Avril 2017 dans le « journal of the association for consumer research », s’est penchée sur ses éventuels effets délétères. La question était de savoir si notre dépendance au portable pouvait affecter notre capacité à penser et à agir.

Des recherches ultérieures avaient déjà mis en avant certaines conséquences de l’utilisation du portable. En voiture, le temps de réaction est diminué. Son usage au cours d’un apprentissage réduit la compréhension et va jusqu’à affecter les performances académiques. De manière générale, les recherches tendent à montrer que le portable affecterait les capacités cognitives, même s’il n’est pas utilisé activement.

Dans notre étude, les chercheurs ont constitué deux groupes de jeunes personnes (moyenne d’âge d’environ 21 ans). Chacun des individus de l’expérimentation était soumis à un ensemble d’exercices dans une salle test, le portable pouvant être absent ou présent. Dans ce dernier cas, sa place était imposée (sur le bureau) ou pas. Certains devaient l’éteindre et d’autres devaient le mettre en mode silencieux (vibreur interdit). Outre les exercices, un panel de questions relatives au téléphone étaient posées aux cobayes.

L’ensemble de ces mises en scène a permis de montrer que la présence physique du portable affectait les capacités cognitives des usagers, diminuant la performance dans les tâches à accomplir, cela même s’ils n’avaient pas consciemment pensé à leur téléphone. Cet effet est qualifié de « brain drain » par les chercheurs : les « ressources cognitives » destinées au contrôle de l’attention (ne pas penser à son portable) sont rendues inutilisables pour d’autres tâches. Plus le portable est visible, plus les capacités diminuent. De plus, l’impact est variable selon les individus. Plus une personne s’avère dépendante, plus elle souffrira de la présence de son appareil. Au contraire, son absence lui sera bénéfique.

Le portable a un prix. Pour l'éviter, les chercheurs recommandent une séparation physique. Eteindre ou retourner son appareil (afin que l’écran ne soit plus visible) apparaît inutile. 

Tanit Halfon
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