« La logique du chacun pour soi est une impasse et nous met tous en danger » - Le Point Vétérinaire.fr

« La logique du chacun pour soi est une impasse et nous met tous en danger »

Marine Neveux | 05.10.2020 à 15:12:34 |
 Jean – Yves Le Drian
© Marine Neveux

Une seule planète, une seule santé, décloisonner les trois santés humaine, animale et environnementale : ce sont les enjeux abordés lors du colloque organisé le 1er octobre 2020 à l’Assemblée Nationale en visioconférences.

Plus de 300 participants ont ainsi répondu présents à l’invitation sur la réflexion menée sur ce concept par Yolaine de Courson, députée de Côte d’Or et notre confrère Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes.

Le concept One Health n’est pas nouveau comme l’a souligné Christophe Degueurce, directeur de l’école vétérinaire d’Alfort. Pour les antiques, il y a une analogie entre les humains, l’animal, voire la plante. Au 16e siècle, les animaux vont servir de modèles pour l’humain, ce qui reconnaît leur similitude. En 1780 : les vétérinaires vont même soigner les humains car il n’y a quasiment pas de médecins dans les campagnes. Il y a une perméabilité des deux médecines et c’est un médecin qui va contribuer à soigner la peste bovine dans les campagnes. Le sommet de cet esprit One Health se situe en 1820 avec la création de l’Académie de médecine qui va s’intéresser à la santé publique : le degré d’interaction entre les médecines est très élevé, avec un esprit d’interdisciplinarité. 
« Ce concept One Health a retrouvé un regain d’intérêt dans les années 2000 face à la menace de la grippe aviaire » rappelle Monique Eloit, directrice générale de l’OIE. L’OMS, la FAO et l’OIE ont établi une alliance tripartite pour une meilleure action face aux risques de pandémie et à l’interface de la santé animale, humaine et environnementale. 

Comment rendre plus effectif le concept une seule santé ? 
« En encourageant la pluridisciplinarité et l’interdisciplinarité notamment dans l’enseignement»  estime Didier Houssin, ancien directeur général de la Santé. Quelle mise en œuvre opérationnel du One Health dans les politiques ? « Ce concept que l’on utilise beaucoup, maintenant il faut passer à des actions concrètes ! » renchérit notre confrère Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire. Peut - être faudrait il un délégué interministériel au One Health ? Et avoir une plus grande collaboration entre la surveillance animale, végétale et la sécurité sanitaire des aliments, ainsi qu’au niveau local avec l’implication de tous les acteurs.
Jean-Luc Angot évoque aussi la création d’une structure au niveau international : un haut conseil Une seule santé rattaché au secrétaire général des nations unies. « Ce haut conseil serait composé de différents experts, il traiterait aussi bien la recherche fondamentale que les actions cliniques, il formulerait des recommandations, il renforcerait la coordination des organisations, le recensement et le pilotage d’actions collaboratives, il identifierait les lacunes et les besoins en recherche, et présenterait un rapport d’évaluation annuel. » On pourrait utiliser le terme de One Life. Le terme de base c’est le vivant interdisciplinaire. 

« Dans un monde d’interdépendance nous devons considérer cette continuité sanitaire comme un défi » apporte en conclusion du colloque Jean - Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, évoquant aussi un « poste sur le modèle du Giec pour le climat, un haut conseil, avec un enjeu double : fournir dès la première alerte des recommandations dont les responsables politiques ont besoin pour enrayer l’épidémie naissante, et donner des points factuels et actuels. La logique du chacun pour soi est une impasse et nous met tous en danger. »

Lire le détail dans un prochain numéro de La Semaine Vétérinaire.

Marine Neveux
1 commentaire
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Michel Dupres, Vétérinaire le 05-10-2020 à 20:51:15
Bonjour
Pour donner du sens à One Health il faut [re]donner ses lettres de noblesses à l'épidémiologie et à la santé publique et remettre la France dans plusieurs chantiers stratégiques que ses autorités n'auraient jamais du abandonner. Or ces dernières décennies nous [collectivement et surtout politiquement et donc financièrement] n'avons eu d'yeux que pour la médecine individuelle. Du coup nous avons parmis les meilleurs services d'urgence au monde, les meilleurs blocs opératoires [pour preuve tous les dictateurs de la planète viennent se faire discrètement soigner chez nous] mais tout ce super dispositif est débordé dès que " quelq'un tousse " [je caricature mais c'est quand même le sens]
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