La fin annoncée de l’antibioprévention

Michaella Igoho-Moradel | 20.09.2018 à 14:56:54 |
Un vétérinaire prescrivant des antibiotiques
© Frédéric Decante

Après les antibiotiques critiques, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) recommande notamment la sortie des antibiotiques classiques du volet “prévention” du protocole de soins.

La fin de l’antibioprévention est-elle annoncée ? Il s’agit en tout cas d’un sujet qui mobilise les acteurs publics depuis quelques années, tant sur le plan européen que national. Le dernier épisode en date est certainement l’étude d’impact publiée le 12 septembre par le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur la prescription des antibiotiques critiques. Dans ce rapport, l’autorité administrative revient en détail sur le contenu de la réglementation mise en place en 2016 sur ces produits et fait un point sur son efficacité. Le CGAAER reconnaît, chiffre du premier plan ÉcoAntibio à l’appui, que la profession a significativement modifié ses pratiques. « L’observation des pratiques montre que l’usage préventif des antibiotiques critiques est aujourd’hui quasiment abandonné, notamment chez les animaux de rente », indique le conseil. Une occasion aussi pour le CGAAER de revenir sur les mesures qui méritent encore d’être approfondies, autrement dit celles dont le bilan est mitigé. Il fait d’ailleurs des recommandations pour maintenir l’efficacité du dispositif mis en place. La première d’entre elles vise à exclure la prescription d’antibiotiques du volet “prévention” du protocole de soins. « Pour assurer la cohérence du dispositif réglementaire, il conviendrait au plan français d’exclure tous les antibiotiques du volet “prévention” du protocole de soins », souligne l’autorité administrative. Un débat qui ne date pas d’hier. La mesure 17 du second plan ÉcoAntibio engage d’ailleurs une réflexion à ce sujet. Le décret de 2007 sur la prescription hors examen clinique devrait être modifié en ce sens.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 10-11 de La Semaine Vétérinaire n° 1777.

Michaella Igoho-Moradel
2 commentaires
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Ibrahima Kouma, ASV le 20-09-2018 à 21:45:44
Si et seulement si, cela pouvait s'appliquer en Afrique et surtout en Côte d'Ivoire. L'antibiorésistance risque devenir la cause majeure des mortalités dans les pays en développement. Il m'arrive de commettre des erreurs. Il est temps de se réveiller.
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FW dubitatif le 21-09-2018 à 14:30:48
Le vétérinaire a encore un rôle à jouer, il est formé, compétent et assermenté : laissons-le faire son travail sans lui imposer en permanence un cadre réglementaire toujours plus contraignant et inapplicable !
Il est ILLUSOIRE d'imaginer une suppression des antibiotiques dans les BSE. Imaginez-vous les éleveurs laitiers faire venir leur vétérinaire à chaque application d'un mastijet dans une mamelle ?
Ce qui laisse plusieurs options possibles :
- on laisse souffrir voire agoniser les animaux sans possibilité "économiquement acceptable" de traiter les affections; éthiquement, c'est... très administratif;
- on oblige les praticiens à se mettre systématiquement hors-la-loi à chaque délivrance au comptoir; cela ne va pas vraiment susciter les vocations rurales;
- on incite les éleveurs à rentrer dans un trafic international et incontrôlé de médicaments;
- l'état trouve une solution de financement pour payer les visites des vétos en élevage à chaque prescription (improbable et non pérenne);

Ou alors, on laisse les vétos libres de prescrire raisonnablement des antibios "courants" dans le cadre des BSE...
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