La filière insectes n’échappe pas au bien-être animal

Tanit Halfon | 17.04.2019 à 11:13:19 |
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L’IPIFF a publié des recommandations de bonnes pratiques en faveur du bien-être animal pour les professionnels de la filière insectes.

Le consommateur s’intéresse de plus en plus au bien-être des animaux d’élevage. Selon une enquête, près de 60% des citoyens sont insatisfaits des conditions de vie des animaux de rente. 60% estiment que l’accès au plein air à tous les animaux est prioritaire. Enfin, 96% sont favorables à un étiquetage des produits d’origine animale selon le mode d’élevage. Ces données seront-elles valables aussi pour l’élevage d’insectes ? L’International Platform of Insects for Food and Feed (IPIFF), une organisation non gouvernementale représentant les intérêts de la filière, n’a pas attendu la réponse. Elle vient de publier un ensemble de recommandations de bonnes pratiques favorables au bien-être des insectes. « Notre objectif est double. D’une part, il s’agit d’encourager les opérateurs à développer des pratiques adaptées aux caractéristiques de ces animaux. D’autre part, nous appelons la recherche à s’intéresser à cette question », explique Christophe Derrien, secrétaire général de l’IPIFF. Car pour l’instant, comme il le rappelle, les études sur les invertébrés se font rares. La filière insectes est en pleine expansion, en lien avec l’évolution de la réglementation. Depuis le 1er juillet 2017, les protéines animales transformées (PAT) dérivées d’insectes sont autorisées dans l’alimentation des animaux d’aquaculture. De plus, depuis le 1er janvier 2018, les insectes entiers et les préparations à base d’insectes peuvent être commercialisés pour l’alimentation humaine. En outre, des discussions sont actuellement en cours pour assouplir la réglementation et pouvoir introduire les farines d’insectes mais aussi de porcs dans l’alimentation de volailles. « Les discussions sont assez avancées et l’écho est plutôt favorable », précise t-il. Actuellement, on dénombre près de 30 entreprises françaises, avec environ 2/3 d’entre elles spécifiquement dédiées à l’alimentation animale.

Des pratiques basées sur les 5 libertés

Pour l’IPIFF, une entreprise qui irait à l’encontre des ces recommandations ne verrait pas sa production viable sur le long terme. Ainsi l’organisation encourage-t-elle les professionnels à mettre en application ses principes d’ici 2020. Les recommandations, qui se basent sur les 5 libertés, sont les suivantes :

- Ne pas souffrir de faim ni de soif : il s’agit d’amener de l’eau et de la nourriture en quantité suffisante durant la phase d’élevage et de transport. En outre, les conditions de température et de ventilation doivent être les plus appropriées possibles ;

- Ne pas souffrir d’inconfort : l’IPIFF appelle à respecter les besoins physiologiques des insectes, via un travail sur leur environnement qui doit favoriser une croissance optimum. De bonnes conditions de transport sont aussi requises :

- Ne pas souffrir de douleurs, blessures et de maladies : il est nécessaire de disposer d’un matériel adapté pour manipuler les insectes, de limiter le cannibalisme et d’utiliser les méthodes de mise à mort assurant une mort rapide. « Nous mettons particulièrement l’accent sur cette partie, souligne Christophe Derrien. Actuellement, les pratiques sont hétérogènes d’une entreprise à l’autre qui peut utiliser la congélation mais aussi l’ébouillantage et le hachage, pour ces deux dernières méthodes, certaine entreprise refroidissant quand même les animaux avant de les utiliser. Par contre, durant la phase d’élevage, les pratiques sont globalement les mêmes pour une même espèce animale » ;

-Pouvoir exprimer son comportement naturel : pour ce faire, l’IPIFF recommande un travail sur les conditions d’élevage (température, luminosité, densité) ;

- Ne pas éprouver de peur ou de détresse : dans ce cas, il s’agit pour les industriels de se tenir au courant des avancées scientifiques sur le sujet.

« Actuellement, il n’y a pas de discussions sur la question du bien-être des insectes d’élevage au niveau des institutions européennes, souligne Christophe Derrien. Nous prenons les devants, le sujet étant parfois abordé par certaines organisations. »

Pour consultez le document, cliquez sur ce lien.

Tanit Halfon
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