La FAO alerte sur l’état mondial de la biodiversité

Tanit Halfon | 26.03.2019 à 15:46:35 |
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L’Organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture a publié le tout premier rapport mondial sur l’état de la biodiversité. Il souligne la gravité de la situation.

« Des preuves de plus en plus tangibles et inquiétantes que la biodiversité qui sous-tend nos systèmes alimentaires est en train de disparaître. » C’est en ces termes que l’Organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a présenté son tout premier rapport mondial sur l’état de la biodiversité.

Elaboré notamment à partir de données fournies par 91 pays, dont la France, 55 organisations internationales, mais aussi issues de la littérature, le rapport pointe du doigt plusieurs menaces pour les systèmes alimentaires. Par exemple, seules 200 espèces de plantes, sur les 6000 cultivées, contribuent fortement à la production alimentaire. Sur près de 40 espèces animales utilisées en productions animales, seules quelques unes assurent la majorité de la production en viande, en lait et en œufs. 2/3 des stocks des poissons apparaissent surexploitées, avec la moitié qui est arrivé à sa limite de résistance. En outre, tous les pays signalent un déclin rapide des pollinisateurs, organismes des sols et des ennemis naturels des parasites. Enfin, plusieurs écosystèmes, comme les forêts, les pâturages, les mangroves ou encore les récifs coralliens, sont également en déclin.

Des causes connues

Les principaux facteurs de perte de la biodiversité alimentaire et agricole sont connus et listés par les pays. Il s’agit des changements dans l'utilisation et la gestion des terres et de l’eau, de la pollution, la surexploitation et la surpêche, le changement climatique, la croissance démographique et enfin l'urbanisation. Pour la biodiversité associée, ces facteurs ne sont pas forcément les mêmes et varient d’une région à l’autre du globe. Pour exemple, en Europe, les changements dans l’utilisation des terres et l’intensification de l’agriculture sont plutôt mises en avant. Pour autant, des actions en faveur du maintien de la biodiversité sont décrites par la plupart des pays. La France a par exemple mentionné plusieurs initiatives en faveur de l’agro-écologie, en soulignant qu’en 2016, environ 300 000 hectares de terres (soit environ 1% des terres cultivables) étaient gérés selon ces principes. Autre action de la France, cette fois-ci en matière de surveillance : le lancement en 2009 de l’Observatoire national de la biodiversité qui, en plus de rendre compte de l’état de la biodiversité, renforce l’implication des communautés agricoles.

Des progrès à faire

« Il reste encore beaucoup à faire pour mettre fin à l’érosion de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture », souligne la FAO. Outre un travail sur chacun des facteurs de perte de la biodiversité, l’Organisation appelle à améliorer les connaissances : « nombre de ces espèces n'ont jamais été identifiées et décrites, en particulier les invertébrés et les micro-organismes. Plus de 99% des bactéries et des espèces protistes – et leur impact sur l'alimentation et l'agriculture – restent inconnues. » Le rôle des consommateurs est également mis en avant  qui « devraient être en mesure d’opter pour des produits cultivés de manière durable, d’acquérir directement sur les marchés des producteurs ou de boycotter les aliments considérés comme non durables. »

Pour consultez le rapport, cliquez sur ce lien. 

Tanit Halfon
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