L’utilisation mondiale d’antimicrobiens chez les animaux d’élevage a chuté de 13 % en trois ans - Le Point Vétérinaire.fr

L’utilisation mondiale d’antimicrobiens chez les animaux d’élevage a chuté de 13 % en trois ans

Michaella Igoho-Moradel

| 05.10.2023 à 12:17:00 |
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Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) montre une baisse globale de la consommation mondiale d’antimicrobiens dans des pays d'Asie, d'Extrême-Orient, d'Océanie et d'Europe. Il révèle aussi des disparités régionales.

L’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) collecte auprès de 80 pays des informations sur l'utilisation des antimicrobiens chez les animaux depuis 2015 et publie chaque année un rapport regroupant ces données. Cette année, son 7ème rapport montre que la consommation globale d'antimicrobiens a diminué de 13% en trois ans. Cette baisse est globalement observée en Europe (-15%) ; en Asie, extrême orient et Océanie (-25%), quand cette consommation augmente en Afrique (+45%) et en Amérique (+5%). Malgré ces tendances à la hausse, l’OMSA retient que l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux destinés à la consommation humaine continue globalement de baisser. Par exemple, l’OMSA note une diminution notable de l’utilisation des tétracyclines (la famille d’antimicrobiens à usage vétérinaire la plus utilisée), ainsi que des polypeptides. « Les augmentations sur certains marchés pourraient être liées à une amélioration significative de l’exactitude des données collectées au fil du temps, des analyses plus approfondies sont nécessaires pour comprendre les causes de ces augmentations » indique l'OMSA.

Les tétracyclines en tête

En 2019, près de la moitié des agents antimicrobiens déclarés appartenaient à la famille des tétracyclines, qui reste la plus utilisée en médecine vétérinaire dans le monde (représentant 35,6 % de la quantité totale), et à celle des pénicillines (13,3 % de la quantité totale). « Ces deux familles d’antimicrobiens sont classées comme étant d’importance critique en médecine vétérinaire sur la liste de l’OMSA, mais ne figurent pas parmi les antibiotiques d’importance critique pour la santé humaine, d’après l’OMS. » Les fluoroquinolones et les céphalosporines de troisième et de quatrième génération ne représentent, respectivement, que 3,4 % et seulement 0,6 % des quantités totales rapportées. « En 2021, près des trois quarts des participants (68 %) ont déclaré ne plus utiliser les antimicrobiens en tant que stimulateurs de croissance, indépendamment de l’existence ou non d’une législation ou réglementation en la matière. Il reste donc un quart des participants à ce septième cycle de collecte de données qui recourent encore aux stimulateurs de croissance (26 %) ; 54 % d’entre eux sont présents dans deux régions : les Amériques et la région Asie, Extrême-Orient et Océanie. »

La colistine comme stimulateur de croissance

Dans ces cas, les trois molécules le plus souvent mentionnées sont la flavomycine, la bacitracine et l’avilamycine. « La flavomycine et l’avilamycine ne sont plus utilisées d’après la Liste des antibiotiques d’importance critique pour la médecine humaine (liste CIA) de l’Organisation mondiale de la santé, tandis que la bacitracine n’est pas classée comme présentant une importance critique pour la médecine humaine » rapporte l’OMSA. Quatre participants ont déclaré l’utilisation de la colistine, antibiotique considéré comme étant d’importance critique, comme stimulateur de croissance. « Il est important de signaler que le nombre de participants mentionnant l’utilisation de la colistine en tant que stimulateur de croissance a diminué de plus de la moitié en cinq ans jusqu’en 2021, ce qui confirme l’application progressive de nos recommandations visant à faire interdire son utilisation en tant que stimulateur de croissance. »

Un nouvel outil de collecte

A noter qu’en septembre 2022, l’OMSA a lancé le système ANIMUSE, un outil en ligne qui permet à ses membres de se conformer à leurs obligations de soumission de données, calculer les quantités d’agents antimicrobiens et procéder au calcul de leur biomasse animale par le biais d’un accès sécurisé et confidentiel à une base de données centralisée. « Les Membres et les non-Membres invités à participer ont déjà accès à certaines fonctionnalités de la base de données pour l’examen, l’analyse, la présentation et l’utilisation de leurs propres données. L’OMSA travaille actuellement à faciliter le déploiement, l’adoption et l’intégration de ce nouvel outil, et cherche à surmonter les obstacles liés au manque d’outils informatiques dédiés à la soumission de données quantitatives sur l’utilisation d’agents antimicrobiens, obstacles mentionnés par les participants lors de ce septième cycle de collecte de données. »

Michaella Igoho-Moradel

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