L’OABA demande plus de transparence dans le commerce des viandes issues de l’abattage sans étourdissement - Le Point Vétérinaire.fr

L’OABA demande plus de transparence dans le commerce des viandes issues de l’abattage sans étourdissement

Bénédicte Iturria | 12.06.2020 à 09:25:53 |
Vaches en abattoir
© dageldog-Istock

Abattage sans étourdissement et tromperie des consommateurs tel est le thème de la nouvelle grande campagne lancée par l’Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA), association présidée par notre confrère Jean-Pierre Kieffer et dont l’un des combats, depuis sa création en 1961, est l’insensibilisation des animaux lors de leur abattage.

L’OABA souhaite une fois de plus dénoncer et mettre enfin un terme au manque de traçabilité des viandes issues de l’abattage rituel sans étourdissement. Comme il est expliqué dans son communiqué de presse du 9 juin « les viandes halal et kasher issues des abattages rituels, pratiqués sans étourdissement de l’animal, qui ne trouvent pas preneurs sur ces marchés confessionnels sont dirigées vers le marché conventionnel sans aucune mention informative. Ce système dit de la complémentarité des circuits de distribution, avalisé par nos gouvernements successifs depuis de nombreuses années, constitue une atteinte majeure à la liberté de conscience des consommateurs. La protection de la liberté de religion du consommateur juif ou musulman qui souhaite manger de la viande kasher ou halal provenant d’un animal abattu sans étourdissement ne saurait justifier la négation de la liberté de conscience du consommateur qui ne souhaite pas manger une telle viande, au nom des principes éthiques qui le conduisent à refuser la longue agonie d’animaux égorgés à vif ».

Dans un sondage IFOP France, réalisé du 26 au 28 mai dernier pour l’OABA et intitulé Les Français et l’abattage rituel sans étourdissement des animaux, 74% des personnes interrogées (contre 72% en 2009) désapprouvent la dérogation de l’abattage rituel qui permet de ne pas étourdir les animaux avant leur abattage. Elles sont 80% à réclamer un étiquetage du mode d’abattage. Ce sondage confirme une attente sociétale forte à la fois en matière de bien-être animal et de transparence vis-à-vis du consommateur. Afin d’exprimer cette demande, l’OABA a mis en place une e-mobilisation pour alerter les pouvoirs publics. En un clic chaque citoyen peut interpeler son élu à propos d’une future législation qui imposerait une parfaite traçabilité du mode d’abattage grâce à un étiquetage informatif non stigmatisant. Près de 20000 alertes ont déjà été lancées aux parlementaires. Les députés et les sénateurs (ainsi que les journalistes et les adhérents de l’OABA) recevront très prochainement une brochure sur l’abattage rituel sans étourdissement. Conçue sous forme de questions/réponses, ce document a pour but « de corriger les idées reçues et les fausses croyances, de rétablir la vérité sur la souffrance des animaux et d'en finir avec la tromperie des consommateurs ». Avec cette information et la pression des consommateurs, l’association espère que les parlementaires adopteront la proposition de loi de la député Claire O’Petit du 24 mars 2020 visant à assurer la transparence dans l’abattage des animaux et à informer éleveurs et consommateurs.

Le 19 février dernier, l’OABA a mis en demeure l’Etat français, par lettre recommandée  adressée au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, de prendre les mesures normatives assurant une traçabilité parfaite des viandes issues d’abattages réalisés sans étourdissement. Mais le ministère n’a pas répondu à cette demande. Face à ce refus implicite, l’association a décidé de déposer ce mois-ci une requête devant le Conseil d’État afin de condamner « le silence coupable du gouvernement sur ce sujet et mettre un terme à la violation répétée de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme, de l’article L.441-1 du code de la consommation et de l’article L.1-I 10° du code rural ». L’association avait déjà saisi la justice en 2012 et obtenu gain de cause après 7 ans de batailles juridiques dans le litige qui l’opposait au ministère de l’Agriculture, à l’INAO et Ecocert concernant la mention Agriculture biologique sur des publicités et emballages de steaks hachés certifiés halal issus d’animaux abattus sans étourdissement préalable. Dans un arrêt du 26 février 2019 la Cour de Justice de l’Union Européenne, a exclu de la certification biologique les viandes issues de l’abattage rituel sans étourdissement au motif que cette méthode d’abattage entraîne des douleurs plus importantes que lors de l’abattage avec étourdissement. 

Bénédicte Iturria
1 commentaire
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FW dubitatif le 14-06-2020 à 11:34:23
On en vient à oublier que l'abattage "rituel" est en fait une dérogation à l'abattage pratiqué selon les règles, c'est à dire avec étourdissement systématique.
Un étiquettage clair et net serait le minimum, la disparition pure et simple de ce type d'abattage en France ne serait pas un luxe en 2020 !
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