L’interdiction des néonicotinoïdes entre officiellement en vigueur

Tanit Halfon | 03.09.2018 à 16:39:05 |
abeille
© PetricaR - iStock

Depuis le 1er septembre, l’usage des pesticides contenant des néonicotinoïdes, ainsi que des semences traités, est interdit.

Depuis le 1er septembre, la loi pour la reconquête de la biodiversité est entrée en vigueur. Elle interdit l’utilisation des « produits phytopharmaceutiques contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes », ainsi que des « semences traités avec ces produits », à savoir l’acétamipride, la clothianidine, l’imidaclopride, la thiaclopride, et le thiamétoxame. Pour autant, des dérogations restent possibles jusqu’au 1er juillet 2020.

La France est en avance par rapport à la réglementation européenne. En effet, depuis avril 2018, seuls trois néonicotinoïdes sont définitivement interdits au sein de l’Union européenne, l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxam, dans le traitement des semences et des sols pour certaines céréales.

L’entrée en vigueur de cette loi pourrait bien être que la première étape dans l’interdiction des pesticides en agriculture. La loi agriculture et alimentation, qui doit passer en deuxième lecture au Parlement cette rentrée, prévoit, en effet, un article stipulant l’interdiction de l’usage des substances présentant un mode d’action identique que les néonicotinoïdes. Un point repris également dans l’action 23 du plan biodiversité. De plus, en février 2018, le Conseil d’Etat confirmait la suspension d’autorisation de mise sur le marché de deux insecticides contenant du sulfoxaflor, une substance possédant des propriétés identiques aux néonicotinoïdes et décrit comme « toxiques pour les abeilles et les vers de terre » dans la base de données sur les pesticides de l’Université du Hertfordshire (Angleterre).

Pour rappel, les néonicotinoïdes sont des substances chimiques utilisées principalement en tant qu’insecticide dans le domaine agricole, mais également en tant que biocide chez les particuliers et professionnels (lutte contre les fourmis, les blattes, les mouches, etc.). En France, en agriculture, ils servent principalement à lutter contre les ravageurs des grandes cultures (maïs, oléagineux, etc.).  Ces insecticides sont systémiques, c’est à dire qu’ils ont la capacité de pénétrer dans tous les tissus du végétal traité (feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi pollen et nectar). Ils persistent plusieurs mois dans l’environnement, plus particulièrement dans les sols, voire dans certains cas, plusieurs années. De plus, leurs métabolites apparaissent souvent aussi toxiques, voire plus toxiques, que le principe actif de départ.

En France, seuls les cinq néonicotinoïdes désormais interdits étaient autorisés en tant que produit phytosanitaire. De plus, seules quatre substances sont encore employées en tant que biocides, à savoir l’acétamipride, la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame.

De nombreuses études ont montré leur toxicité pour les pollinisateurs, en particulier pour les abeilles domestiques, contribuant ainsi au phénomène mondial de déclin des populations d’abeilles. En 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) confirmait que l’usage des néonicotinoïdes provoquait « de sévères effets négatifs sur les espèces non-cibles qui fournissent des services écosystémiques incluant la pollinisation et la lutte intégrée. » Avec notamment des effets sublétaux lors d’exposition chronique.  En 2018, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) concluait que « la plupart des utilisations des pesticides néonicotinoïdes posaient un risque pour les abeilles sauvages et domestiques. »

Pour consulter les textes officiels, cliquez sur les liens suivants : (1) et (2).

Tanit Halfon
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