L’étiquetage des produits aquatiques laisse à désirer

Tanit Halfon | 27.11.2017 à 15:11:08 |
pêche
© pixinoo - iStock

Une étude, commandée par FranceAgrimer, a dressé un état des lieux des difficultés rencontrées pour l'étiquetage des produits de la mer en France. Une perte d’informations entre pêcheurs et 1ers acheteurs contribue à des étiquettes destinées au consommateur approximatives ou erronées.

Une étude, demandée par FranceAgrimer, s’est penchée sur l’application de la réglementation européenne en matière d’étiquetage des produits aquatiques. Réalisée par le groupement Odyssée Développement - Mer Conseils, l’étude avait pour objectif de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées sur le territoire français, puis de proposer des solutions possibles. 

Pour ce faire, un échantillon représentatif des acteurs de la filière des produits aquatiques, regroupant des professionnels mais aussi des organisations et associations professionnelles, a été sélectionné. Des entretiens individuels ont permis d’identifier les points de blocage à la bonne application de la réglementation européenne.

Pour rappel, le règlement n°1379/2013 du Parlement européen et du Conseil précise les mentions obligatoires qui doivent figurer sur l’étiquette :

- la dénomination commerciale de l’espèce et son nom scientifique ;

- la méthode de production (pêché ou élevé), avec notamment les mentions suivants : « …pêché… » ou « …pêché en eaux douces… » ou « …élevé… » ;

- la zone et la sous-zone de capture ou d’élevage du produit, et le pays pour les produits de l’aquaculture ;

- la catégorie d’engin de pêche utilisé pour la capture ;

- la date de durabilité minimale ;

- la décongélation si elle a eu lieu.

Les mentions de l’engin de pêche et de sous-zone de capture sont deux critères nouveaux.  

Le rapport indique qu’une perte d’informations apparaît dès le départ, entre pêcheurs et 1er acheteur ou halles à marées, les premiers n’ayant pas d’obligation formelle de transmission de leurs données de pêche. Quand elle a lieu, cette transmission se fait généralement à l’oral pour la caractérisation de l’engin de pêche et la zone de capture. Par conséquent, malgré la mise en place, par les halles à marées, d’un fichier préenregistré avec modification possible des critères d’étiquetage, l’information finale enregistrée pourra être approximative ou carrément erronée. Il arrive également que les agents de la criée interprètent mal les informations transmises par les pêcheurs.

Une autre problématique est celle de la réception des lots par les 1ers acheteurs. Elle précède souvent les bons de livraison ou les factures sur lesquels figurent les étiquettes, rendant difficile la création de numéros de lots cohérents en temps et en heure. De plus, les données réglementaires peuvent être accessibles via un QR code, et tous les acheteurs ne disposent pas d'un lecteur de code.

Du côté des étals, les pics prix à roulettes ne sont pas conçus pour rajouter les mentions concernant l’engin de pêche et la sous-zone de capture.

Face à ces constats, l’idéal serait de pouvoir normaliser les outils de traçabilité en amont. En pratique, les auteurs proposent de développer « des bases de données mutualisées pour permettre une transmission dématérialisée de l’information. » La création d’étiquettes criée standardisées devrait aussi être envisagée. De plus, « le partage d’un objectif commun pour l’information des consommateurs » doit être encouragé au sein de la filière. Pour ce faire, la mise en place de modules de formation pour les professionnels, permettant d’acquérir des connaissances des engins de pêche et sous-zones de capture, est préconisée.

Ce rapport va dans le sens des résultats des contrôles effectués par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes auprès des poissonniers, détaillants et grande distribution. En effet, en 2016, des non-conformités avaient été observées dans environ 50% des étals contrôlés.

Tanit Halfon
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