L’ensemble du territoire national devient zone réglementée BTV4

Tanit Halfon | 02.01.2018 à 17:56:43 |
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Vu l’évolution de la situation sanitaire vis-à-vis de la fièvre catarrhale ovine de sérotype 4, le ministère de l’Agriculture a décidé d’étendre la zone réglementée à tout le territoire français. La vaccination BTV4 devient volontaire.

Après concertation avec le CNOPSAV (comité national d’orientation de la politique sanitaire et végétale), le ministère de l’Agriculture a décidé d’étendre la zone réglementée de la fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 4 à l’ensemble du territoire français continental. En effet, l’avis de l’Anses du 21 décembre 2017 concernant la probabilité d’éradication du virus avait mis en lumière un certain nombre de contraintes pour y parvenir :

- maintien +/- extension d’un zonage large, à l’échelle du département atteint ;

- vaccination de 100% des animaux des espèces sensibles sur une période d’au moins 3 ans, dans les zones de protection et de surveillance ;

- contrôle strict des mouvements.

La lourdeur des mesures à mettre en place, ainsi que leur coût, rendant toute stratégie d’éradication irréaliste.

Depuis le 1er janvier 2018, les mesures suivantes ont ainsi été instaurées via l’arrêté du 28 décembre 2017 :

- circulation libre des animaux sur tout le territoire national ;

- vaccination BTV4 volontaire, comme pour le BVT8 (BlueTongue virus), à la charge de l’éleveur. Les doses vaccinales déjà achetées par l’Etat seront utilisées jusqu’à épuisement des stocks. La deuxième injection de primo-vaccination reste à la charge de l’Etat, dans les anciennes zones de protection, à condition que la première injection ait eu lieu avant le 31 décembre 2017.

Stéphanie Flauto, sous-directrice des affaires sanitaires européennes et internationales au sein du ministère de l’Agriculture souligne qu’il n’y aura pas d’incidence sur les échanges d’animaux avec les Etats-membres, ou les exportations vers les pays tiers, exception faite de l’Algérie. « Rapidement après la détection du sérotype 4, le marché algérien s’était fermé, pour se rouvrir finalement à l’export, excepté pour les animaux en provenance des zones réglementées. Aujourd’hui, vu que l’ensemble du territoire français devient zone réglementée, des discussions sont prévues dès la semaine prochaine pour maintenir les exportations. »

En pratique, les mesures de certification sanitaire pour les déplacements d’animaux restent finalement les mêmes, avec, en fonction des pays, soit des clauses vaccinales, soit des clauses de test RT-PCR, soit les deux. « La situation ne diffère pas de celle du début de la crise FCO de sérotype 8,  lors de laquelle on a eu une affectation prioritaire des doses vaccinales sur les exportations et les échanges », souligne Stéphanie Flauto. Selon le ministère, les stocks de vaccin BTV 4 seront largement suffisants pour les prochains mois.

L’Espagne et l’Italie représentent les deux pays majoritairement concernés par les échanges d’animaux. Ces derniers ne seront pas impactés compte-tenu des accords bilatéraux.

Côté Espagne, les départs de tous les ruminants sont possibles sous condition de désinsectisation et PCR de groupe (faute de quoi, vaccination BTV4 et BTV 8).

Côté Italie, la quasi-totalité du territoire est réglementé vis-à-vis du BTV 4 (cf carte de la répartition des sérotypes, accessible en ligne), et l’équivalence a été reconnue avec la zone BVT 4 française. Si la destination des animaux est une commune listée sur la carte, seule la certification vis-à-vis du BVT 8 sera nécessaire. Si la destination des animaux n’est pas une commune listée, la certification devra porter sur le BTV 4 et le BTV 8.

A noter qu’il n’y a pas de reconnaissance de zone saisonnièrement indemne à ce stade.

De plus, selon un document du ministère, des discussions sont en cours à Bruxelles pour faire évoluer la réglementation, « qui pourraient aboutir à dérèglementer la fièvre catarrhale ovine ou tout du moins certains sérotypes du virus. »

Pour rappel, un premier cas de FCO de sérotype 4 avait été détecté début novembre en Haute-Savoie chez un veau de quinze jours, alors que jusqu’à présent, seuls les sérotypes 1 et 8 étaient considérés comme endémiques en France continentale.

En revanche, la Corse avait été déclarée zone réglementée depuis le début des années 2000 vis-à-vis des sérotypes 1, 2, 4, 8 et 16.  Une recrudescence des cas dans l’île avait amené les autorités sanitaires à organiser des campagnes de vaccination obligatoires en 2013-2014 et 2014-2015. Depuis septembre 2015, une surveillance programmée est en cours (RT-PCR sur les veaux en abattoir).  En 2017, 193 foyers de sérotype 4 avaient été notifiés, à raison de 51 foyers cliniques (ovin et caprin) et 142 foyers détectés par l’intermédiaire de la surveillance programmée à l’abattoir. 

Tanit Halfon
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