L’enquête sur la mortalité hivernale 2020-2021 des colonies d’abeilles est publiée - Le Point Vétérinaire.fr

L’enquête sur la mortalité hivernale 2020-2021 des colonies d’abeilles est publiée

Tanit Halfon | 27.07.2021 à 10:30:00 |
© iStock-Sushaaa

Elle révèle une mortalité moyenne de près de 25%, contre environ 21% pour les saisons 2019-2020, et 2018-2019. Ce taux est néanmoins plus bas que celui de l’hiver 2017-2018, qui s’élevait à près de 30%.

Les résultats de la 4ième enquête nationale des mortalités hivernales des colonies d’abeilles ont été publiés. Pour cette année, trois organisations apicoles qui menaient également des enquêtes de leur côté à l’échelle de la région (GDSA Aveyron, ADA AURA, ADA Grand-Est), ont décidé de mutualiser leurs enquêtes pour éviter les sollicitations excessives des apiculteurs. Le questionnaire de l’enquête a donc été adapté afin d’intégrer les démarches de chacun, notamment en ce qui concerne la définition de la mortalité : elle est simplifiée. Ainsi, une colonie morte est considérée comme une ruche vide ou avec que des abeilles mortes. Auparavant, la mortalité englobait plus de modalités associées à des pertes*. Toutefois, à des fins de comparaison, le rapport de l’enquête 2020-2021 précise également le taux de mortalité équivalent à celui des années précédentes.

Le taux de participation est de 24,4% (France métropolitaine**), contre 14,9% pour 2020, 18,3% pour 2019, et 28,9% pour 2018. Il est le plus élevé chez les plus petits apiculteurs (27,2% pour les apiculteurs avec moins de 10 colonies).

Une mortalité moyenne plus élevée que les deux hivers précédents

En se basant sur la définition des analyses précédentes (méthode de calcul n°1), il ressort un taux moyen de mortalité des colonies de 24,8%, contre 20,9% pour 2019-2020, 21,3% pour 2018-2019 et 29,4% pour 2017-2018. Si on considère la nouvelle définition des colonies mortes (abeilles mortes ou ruche vide – méthode de calcul n°2), le taux de mortalité descend à 15,8%.

Cette différence dans le taux de mortalité, suivant la méthode de calcul, implique un écart de taille lorsque l’on analyse les données par région, département ou suivant la taille des exploitations apicoles. Ainsi, avec la méthode N°1, on observe un taux moyen de mortalité >= à 20% dans 76 départements sur 96 ; avec la méthode n°2, ce taux >= à 20% ne concerne que 22 départements.

De la même manière, à l’échelle régionale, le taux >= à 20% concerne toutes les régions sauf la Corse et le Centre Val de Loire avec la méthode n°1, mais uniquement l’Occitanie avec la méthode n°2. Cette région regroupe le taux de mortalité le plus élevé toute perte confondue (29,5%).

Enfin, la tendance est la même suivant la taille de l’exploitation : par exemple, pour les apiculteurs ayant mis en hivernage moins de 10 colonies, 91 départements sont concernés par un taux >= à 20% en considérant tous les pertes. En ne tenant compte que des colonies mortes, seuls 46 départements sont concernés.

Un ressenti globalement positif

L’enquête demandait aussi aux apiculteurs leur avis sur les causes des pertes hivernales, et environ ¾ ont répondu. C’est globalement positif puisque environ 60% indiquent que les pertes étaient sensiblement identiques ou plus faibles que la saison hivernale précédente. Environ 30% indique que les pertes étaient plus élevées voire exceptionnellement plus élevées (reste je ne sais pas)

Pour rappel, il s’agit de la 4ième enquête nationale sur les mortalités hivernales des colonies d’abeilles. La première avait été lancée pour l’hiver 2017-2018, et faisait suite aux remontées du terrain signalent une augmentation des pertes hivernales par rapport aux précédentes années, notamment en Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Bourgogne-Franche-Comté.

L’ensemble des résultats des enquêtes précédentes sont disponibles sur le site de la plateforme ESA, excepté pour l’enquête 2019-2020 qui n’a pas fait l’objet d’un rapport public.

Une analyse plus approfondie des résultats de la dernière enquête 2020-2021 est prévue, et sera publiée à l’automne prochain.

* Le taux de mortalité choisi pour 2020-2021 est le suivant : est considérée comme morte toute colonie, essaim (colonie qui n’a pas produit en 2020) et nuclei de fécondation qui, à la sortie d’hivernage était dans l’une des situations suivantes : la ruche ne contenait que des abeilles mortes, OU la ruche était vide. Une distinction était faite pour toute colonie ou essaim :

- bourdonneux ou orphelin (vivant mais avec des problèmes de reine : absence de reine et/ou présence de couvain de mâles uniquement et en grande quantité) ;

- faible (incapable de produire au printemps sans intervention de l’apiculteur : < 2 000 abeilles) ;

- accidenté (pertes liées à des inondations, feux, vol, sangliers, neige…).

Pour les hivers précédents, était considérée comme morte toute colonie, ruchette et nuclei de fécondation qui, à la sortie d’hivernage, était dans l’une des situations suivantes : la ruche ne contenait que des abeilles mortes, OU la ruche était vide, OU la colonie était bourdonneuse (présence d’ouvrières, de mâles sous forme de couvain et/ou d’adultes, et absence de reine), OU la colonie comprenait moins de 500 abeilles.

** Les résultats des DROM-COM seront traités indépendamment des autres. Les retours sont peu nombreux : 4 réponses de Guadeloupe, une réponse de Martinique, deux réponses de Guyane et 38 réponses de La Réunion.

Tanit Halfon
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