L’Efsa fait le point sur la vaccination contre l’influenza aviaire - Le Point Vétérinaire.fr

L’Efsa fait le point sur la vaccination contre l’influenza aviaire

Tanit Halfon

| 11.10.2023 à 15:58:00 |
© iStock-daboost

Dans un nouvel avis scientifique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments analyse l’efficacité des vaccins actuellement disponibles contre l’IAHP, et celle des programmes de vaccination. Cet avis sera complété par un deuxième en 2024.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient de publier un nouvel avis scientifique sur la vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Cet avis vient en réponse d’une demande de la Commission européenne sur le sujet.

Parmi les enseignements, les experts ont estimé que la vaccination préventive était la stratégie optimale pour minimiser l’impact d’une épizootie ( = diminution du nombre de foyers et de la durée de la crise), avec une vaccination des espèces les plus sensibles dans les zones les plus à risque. La vaccination préventive peut être aussi utilisée dans les zones à faible densité d’élevage mais haut risque d’introduction du virus via l’avifaune sauvage, dans un objectif de réduction d’introductions primaires. La stratégie optimale de l’Efsa est en partie celle choisie par la France, qui a choisi d’aller encore plus loin en vaccinant sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, les experts de l’Efsa ont estimé également qu’en cas d’apparition de foyer dans une zone à haut risque de transmission, il était possible d’envisager une vaccination protectrice d’urgence. Dans ce cas, l’efficacité optimale est obtenue si la vaccination est réalisée dans un rayon de 3 km autour du foyer.

Surveiller l'efficacité de la vaccination

Ces conclusions se sont basées sur les données épidémiologiques d’épizooties de France, d’Italie et des Pays-Bas. Il est à noter que les volailles de basse-cour n’ont pas été prises en compte dans l’évaluation des stratégies vaccinales, en lien avec une insuffisance de données. Toutefois, il est indiqué que des études menées aux Pays-Bas et en France, avaient montré « que les oiseaux captifs et ceux de basse-cour jouaient probablement un rôle limité dans la propagation de la maladie ».

Un autre enseignement est que toute stratégie vaccinale doit être associée à la surveillance de l’efficacité de la vaccination, ont souligné les experts. Pour reprendre l'exemple de la France, l’instruction technique associée à la campagne de vaccination, ne détaille pas spécifiquement ce point. Aucune mesure de surveillance post-vaccinale ne permet d’évaluer de manière précoce la bonne prise vaccinale (mesure des anticorps vaccinaux).

Bien-entendu, les experts ont rappelé que « la vaccination devrait compléter et ne pas remplacer d’autres mesures de prévention et de lutte, telles que la surveillance des infections chez les oiseaux, la détection précoce et la biosécurité, et est recommandée dans le cadre d’une approche intégrée de lutte contre les maladies. »

Un second avis est attendu en 2024, qui se penchera sur les mesures de surveillance et d'atténuation des risques dans les zones et les élevages vaccinés.

Tanit Halfon

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