L’ECDC recommande de renforcer la surveillance de la grippe aviaire dans les hôpitaux - Le Point Vétérinaire.fr

L’ECDC recommande de renforcer la surveillance de la grippe aviaire dans les hôpitaux

Tanit Halfon

| 28.06.2023 à 12:42:00 |
© iStock-demaerre

Pour l’Agence européenne sanitaire, la vigilance doit être de mise cet été, du fait de la circulation virale persistante du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène. Les recommandations faites par l’Agence visent à détecter une émergence dans la population générale.

Il n’y a actuellement plus d’intersaison pour l’influenza aviaire hautement pathogène, avec un virus qui continue à circuler dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques. Pour le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC pour European centre for disease prevention and control), cette situation pourrait « contribuer à une plus grande exposition de la population générale aux oiseaux sauvages et mammifères infectés, malades ou morts, notamment des goléands qui vivent et se reproduisent à proximité des zones urbaines », est-il indiqué dans un récent communiqué de l’Agence européenne. Dans ce contexte, le vigilance doit être de mise, afin de de détecter précocement toute infection humaine, y compris chez les personnes qui ne sont pas exposées à des oiseaux dans le cadre de leur activité professionnelle ou de leur loisir. « D’autres personnes peuvent avoir un contact direct non protégé et être exposées aux virus de l’influenza aviaire, par exemple lors d’évènements de mortalité chez les oiseaux sauvages », est-il indiqué.

Afin de ne pas passer à côté de cas d’infections sporadiques potentiellement graves dans la population générale, l’ECDC a formulé plusieurs recommandations à l’intention des personnels des milieux hospitaliers. En effet, selon l’Agence, « les systèmes de surveillance sentinelle dans les soins primaires et secondaires sont considérés comme importants pour la surveillance des virus respiratoires dans l’Union européenne, mais ils ne sont pas conçus et alimenter pour identifier rapidement un nouveau virus émergent comme la grippe aviaire dans la population générale. »

Tester et séquencer

Les mesures à prendre sont les suivantes :

- interroger toute personne admise à l’hôpital avec des signes respiratoires sur d’éventuels contacts avec des oiseaux au cours des deux semaines précédant l’admission ;

- faire un dépistage du virus de la grippe chez les patients touchés par une encéphalite/méningo-encéphalite virale inexpliquée. En effet, on a observé cette présentation clinique chez un grand nombre d’espèces de mammifères infectés ;

- en cas d’échantillon positif pour la grippe A, un sous-typage doit être envisagé pour les virus de la grippe saisonnière A(H1pdm09) et A(H3). En cas de résultat négatif pour ce sous-typage, une analyse plus poussée doit être réalisée dans un laboratoire national de référence pour ne pas passer à côté d’un virus apparenté à une souche aviaire.

Pour l’Agence, étendre le sous-typage des virus doit être systématisé pendant toute cette période de juin à octobre.

Cette détection est également utile d’un point de vue individuel afin de pouvoir proposer des traitements anti-viraux le plus rapidement possible.

Pour rappel à ce jour, en Europe, aucune vraie infection n’a finalement été confirmée. « La détection de particules virales H5 chez deux travailleurs espagnols impliqués dans les activités d’abattage lors d’un foyer d’influenza aviaire sont considérés comme des contaminations et non de véritables infections productives », est-il indiqué dans le communiqué.

Tanit Halfon

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