L’animal sentinelle, un rempart pour l’homme ?

Tanit Halfon | 19.10.2017 à 10:31:13 |
Chien sentinelle avec une cape rouge
© PeopleImages – iStock

Surveiller l’animal pour protéger l’être humain est une idée ancienne. Pourtant, le suivi d’espèces volontairement choisies, chez lesquelles le pathogène transmissible à l’homme circule naturellement, ou qui sont exposées et plus sensibles à certains polluants, peut s’avérer difficile à mettre en œuvre, la détection du danger n’étant pas toujours précoce. Face à ces limites, l’idée d’une nouvelle sentinelle émerge, ni nécessairement choisie ni suivie au cours du temps, mais efficace pour prévenir des risques environnementaux pour l’homme.

Agents pathogènes, perturbateurs endocriniens, polluants organiques, déchets électroniques, pollution de l’air, rayonnements ultraviolets (UV), produits chimiques, etc…l’environnement regorge de dangers pour notre santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 23 % de la mortalité mondiale est liée à l’environnement, avec, chaque année, 1,7 million de décès chez les enfants. Comment les anticiper ? La surveillance des animaux pourrait constituer un bon moyen d’y parvenir. L’histoire est ancienne. Il y a plus d’un siècle (fin XIXe) et jusqu’à récemment en Grande-Bretagne, des canaris accompagnaient les travailleurs dans les mines de charbon. En cas de présence de gaz toxiques (méthane ou monoxyde de carbone), ils manifestaient plus rapidement des symptômes (somnolence, perte de conscience) prévenant les mineurs de la présence du danger. Autre exemple, dans les années 1950 au Japon, plusieurs chats atteints de crises convulsives se sont avérés intoxiqués par du mercure, via l’ingestion de poissons contaminés par un produit déversé dans la baie… trois ans avant l’apparition de malformations congénitales chez des nouveau-nés humains de la région. Plus récemment, plusieurs chiens morts lors d’une baignade dans la Loire ont alerté les autorités sanitaires de la présence de cyanobactéries toxiques. L’idée derrière ces exemples est celle de l’animal qui serait utilisé pour avertir précocement l’homme de l’exposition à un agent pathogène donné. On parle volontiers d’animal sentinelle. Mais comme le rappelle Barbara Dufour, enseignante-chercheuse en maladies contagieuses, zoonoses, réglementation sanitaire et épidémiologie à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, sa définition scientifique n’est pas si large : « La sentinelle est celle qui veille. Tout animal à l’origine d’une découverte fortuite d’un événement est par conséquent forcément exclu de la définition. » Selon l’AEEMA1, la sentinelle est définie comme un « animal choisi dans son milieu ou placé volontairement dans un milieu et suivi au cours du temps afin de détecter précocement, de manière qualitative ou quantitative, une exposition à un agent pathogène donné » (agent pathogène biologique ou chimique). Son usage est couramment intégré aux dispositifs de surveillance programmée (glossaire), qui reposent sur un suivi continu des animaux. Cependant, ces modalités de surveillance ne sont pas dépourvues de limites. L’animal sentinelle serait-il alors vraiment utile pour se prémunir des menaces pesant sur l’être humain ?

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 36-43 de La Semaine Vétérinaire n° 1736

Tanit Halfon
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK