Influenza aviaire : le dépistage virologique des palmipèdes avant mouvement devient obligatoire tous les ans

Tanit Halfon | 06.06.2018 à 13:16:19 |
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© Probuxtor - iStock

L’arrêté du 28 mai 2018 rend obligatoire chaque année, entre le 15 novembre et le 15 mars, les autocontrôles sur les lots de palmipèdes prêts à gaver avant mouvement. Il appuie aussi la mise en œuvre d’une étude scientifique visant à identifier les souches d’influenza aviaire faiblement pathogène en élevages de palmipèdes.

Un nouvel arrêté publié au journal officiel le 31 mai 2018 renforce les mesures de biosécurité en élevage de palmipèdes. Ainsi, l’arrêté du 28 mai 2018  précise que le dépistage virologique des lots de palmipèdes avant mouvement d’un site d’exploitation vers un autre est obligatoire entre le 15 novembre et le 15 mars de chaque année. Cette obligation s’applique également lorsque l’élevage d’origine se trouve en zone à risque modéré ou élevé.

Les modalités de prélèvement restent les mêmes : ils doivent être effectués sur un échantillon de 20 oiseaux, choisis pour assurer le représentativité du lot, moins de 10 jours avant le déplacement des palmipèdes.

L’arrêté précise également la mise en place d’une étude scientifique, menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), et dont l’objectif est d’identifier les différentes souches d’influenza aviaire faiblement pathogène présentes en élevage de palmipèdes. Pour ce faire, il rend obligatoire, dans le cadre de cette étude, un dépistage virologique des lots de palmipèdes avant mouvement entre le 1er juin et le 15 novembre 2018.

Outre la caractérisation des souches qui circulent en élevage de palmipèdes gras, l’étude vise aussi à mettre en évidence des facteurs de risque d’infection des élevages. Les résultats permettront ainsi aux gestionnaires de risque d’affiner les modalités de surveillance des exploitations de palmipèdes et de gestion des lots positifs vis-à-vis de l’influenza aviaire faiblement pathogène.

Pour rappel, dans le cadre de la lutte contre les virus influenza aviaire, la Commission européenne a rendu obligatoire depuis 2002 la mise en œuvre de programmes annuels de surveillance de la présence des sous-types H5 et H7, faiblement ou hautement pathogènes, chez différentes espèces de volaille. Seuls les virus H5 et H7 sont réglementés, les formes faiblement pathogènes étant susceptibles de muter rapidement vers des formes hautement pathogènes. De plus, en cas de séropositivité, des analyses virologiques sont à prévoir.

Cette évolution de la réglementation ne suit pas le dernier avis de l’Anses relatif au « risque de diffusion de virus IA en fonction de différentes modalités de surveillance et dépistage» du 15 mars 2018. Saisi en urgence le 1er février par la direction générale de l’alimentation, l’agence devait notamment évaluer l’efficacité d’un dépistage effectué toute l’année sur des lots de palmipèdes prêts à gaver avant mouvement, par rapport à un dépistage réalisé du 15 novembre au 15 janvier, voire au 15 mars de chaque année.

Pour l’agence, un dépistage virologique par PCR (polymerase chain-reaction) des lots de palmipèdes avant mouvement toute l’année apparaît comme le moyen le plus efficace pour limiter le risque de diffusion des virus IA H5 et H7 hautement et faiblement pathogènes en filières avicoles, en comparaison avec un dépistage limité à la période du 15 novembre au 15 mars.

De plus, elle recommande aussi de prévoir un dépistage par PCR dans les élevages de palmipèdes reproducteurs/futurs reproducteurs, systémiquement au moment de l’entrée en reproduction.

Enfin, elle conseille de procéder à des prélèvements par sondage dans les élevages autarciques de palmipèdes, dans le cadre de l’enquête sérologique annuelle, en se basant sur la présence de zones à risque particulier (risque accru d’infection) et la présence d’autres élevages (risque de diffusion).

Tanit Halfon
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