Impact sanitaire de la nouvelle souche BTV8-France 2023 de fièvre catarrhale ovine - Le Point Vétérinaire.fr

Impact sanitaire de la nouvelle souche BTV8-France 2023 de fièvre catarrhale ovine

Clothilde Barde

| 08.01.2024 à 14:30:00 |
© Esperanza33

Comme l'ont indiqué les experts de la plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale (ESA) le 21 décembre 2023, les premiers résultats de l'enquête visant à objectiver l’impact sanitaire de la nouvelle souche BTV8-France 2023, menée dans les troupeaux de bovins et d'ovins atteints de fièvre catarrhale ovine (FCO) du département de l’Aveyron entre début août et début septembre 2023, viennent de paraitre. En effet, cette nouvelle souche émergente de FCO sérotype 8 est actuellement à l'origine d'une épizootie de cas cliniques chez les ovins et les bovins dans le sud de la France.

Alors que jusqu'à présent la souche de FCO BTV-8, régulièrement détectée en France depuis 2006, n’induisait plus ou très rarement de signes cliniques chez les ruminants atteints, la nouvelle souche (BTV8-France 2023) qui circule depuis août 2023 a, d’après les remontées du terrain, un impact clinique dans de nombreux élevages. Comme l'indiquent les résultats de l’enquête menée début octobre 2023 par le GDS 12 (groupement de défense sanitaire de l'Aveyron), cela s'explique par le fait que cette souche est différente de celle qui circulait depuis 2006 en Europe. Les premiers éléments épidémiologiques collectés ont permis de constater la présence d'une forte variabilité inter-cheptel de la morbidité chez les bovins adultes allant de 1 % à environ 73 % et de 0,3 % à 47 % chez les ovins adultes. La morbidité médiane observée chez les adultes était de 10 % (soit 6 animaux) dans les élevages bovins enquêtés et d’environ 6 % (soit 11 animaux) dans les élevages ovins enquêtés, ce qui implique que dans la moitié des élevages bovins enquêtés au moins 10 % des bovins adultes étaient malades et au moins 6 % des ovins adultes étaient malades dans la moitié des élevages ovins enquêtés. Par ailleurs, une variabilité inter-cheptel de la mortalité, allant de 0 à 5 % chez les bovins adultes et de 0 % à 31 % chez les ovins adultes, a été observée. La mortalité chez les bovins adultes était faible à l’échelle collective, même si certains élevages ont subi des mortalités non négligeables, et elle était plus importante chez les ovins.

Un impact sanitaire réel plus important

En outre, parmi les élevages ayant des bovins de 6 à 24 mois, dans la moitié il y avait de 1 à 18 animaux malades et, parmi les élevages ayant des agnelles, environ un tiers (32 %) comptait entre 1 à 10 agnelles malades. Alors qu'au moment de l’enquête (début octobre 2023), 12,94 % des élevages bovins et 9,87 % des élevages ovins étaient déclarés comme infectés et que, fin novembre 2023, c'était 14,4% des élevages bovins et 10,34 % des élevages ovins, "il semblerait que l'impact sanitaire à l’échelle du cheptel et de la zone touchée est plus important que les estimations données" ont indiqué les experts. De plus, selon eux, l’Etat ne prenant plus en charge systématiquement les suspicions de FCO cela rend l’accès au diagnostic de laboratoire plus difficile pour les éleveurs et, dans des zones fortement atteintes, les signes cliniques évocateurs de FCO pouvant être considérés comme suffisants pour l’éleveur ou pour le vétérinaire pour poser un diagnostic, des tests PCR ne sont donc pas forcément réalisés, ni les déclarations de suspicions. Enfin, selon les experts de l'ESA, "des broutards destinés aux échanges et aux exports ont pu être vaccinés contre le BTV 8, ce qui a pu limiter l’impact clinique éventuel pour ces derniers". Comme ils l'ont conclu, il conviendra donc d’attendre la fin de la saison vectorielle pour mesurer l’impact sanitaire global en menant de nouvelles études et, de même, comme les impacts sur la reproduction ne peuvent pas être mesurés pour l’instant, il faudra d’attendre la fin de la période reproductive (différente de celle de l’activité vectorielle) pour les évaluer, sachant que cela pourrait être complexe avec l'arrivée de la maladie hémorragique épizootique dans le département car, chez le bovins, cette maladie est très semblable à la FCO. De plus, selon eux, "du fait de la date de l’enquête, des variations de la situation sanitaire vis à vis de la FCO, des différences de typologie et de structure d’élevage et des modalités de diffusion de la maladie, il n'est pas possible d’extrapoler ces résultats à l’ensemble du département ni aux autres départements". 

Clothilde Barde

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