Mieux diagnostiquer les cas de maltraitance

Anne-Claire Gagnon | 07.06.2018 à 12:34:25 |
chien maltraité
© Tepepa79 – iStock

Un symposium belge a permis d’aborder tous les aspects de la maltraitance domestique, pour laquelle les vétérinaires ont un rôle - encore trop peu souvent endossé - à jouer.

Pour la première fois en Belgique, à l'initiative du groupe d'éthologie (VDWE) de la Small Animal Veterinary Association of Belgium (SAVAB), a eu lieu à Bruxelles les 4 et 5 mai derniers un symposium interdisciplinaire sur la maltraitance domestique, suivi d'un séminaire de formation, animé par nos consœurs Freda Scott-Park et Paula Boyden, de l'association The Links Group (UK).

Des attitudes différentes 
Comme l'ont rappelé Freda Scott-Park et Paula Boyden, les vétérinaires praticiens, selon leur âge et leur sensibilité, se partagent en trois groupes : ceux qui ne voient pas et n'entendent pas s'exprimer la maltraitance animale, ceux qui la voient, l'entendent mais ne veulent pas s'en mêler, se retranchant derrière le strict métier de vétérinaire - soigner l'animal souffrant - et ceux qui souhaitent comprendre les traumatismes non accidentels, pour aider les victimes, animales et humaines. La jeune génération a plus facilement cette attitude clinique globale, et se heurte souvent au déni ou à l'incompréhension de la génération vétérinaire senior qui se retranche pudiquement derrière la confidentialité de chaque consultation. Mais les faits sont là, et derrière des animaux domestiques maltraités, il y a très souvent des familles - femmes et enfants - en danger. Car tous partagent le fait d'être plus facilement vulnérables.

Inclure la maltraitance dans la liste diagnostique
Le frein principal à la prise en charge de la violence domestique par la profession vétérinaire tient au manque de confiance (et de formation) pour reconnaître la maltraitance et à la peur de sortir du rôle de clinicien strict - le diagnostic d'une fracture, la réalisation d'une chirurgie orthopédique, sans chercher à savoir pourquoi chez Mme Jones, trois chatons sont successivement tombés du lit. Les réglementations sont différentes d'un pays à un autre, et nos confrères britanniques ont une obligation légale de signalement à la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA) que nous n'avons pas encore en France ni en Belgique. Sauf que le bien-être animal est de notre responsabilité, nous imposant d'agir, et encore plus s'il y a un risque vital pour un ou plusieurs membres de la famille de notre patient.

Eléments de diagnostic
La suspicion de traumatisme non accidentel ou de maltraitance repose sur un ensemble d'éléments : une incohérence des circonstances de survenue des lésions, qui sont récurrentes (traumatismes sur le crâne, les côtes), des victimes souvent jeunes (animaux de moins de 2 ans), qui sont souvent heureuses hospitalisées et apeurées en présence du ou des propriétaires (avec une peur fréquente des hommes). Il est toujours important, lors de l'examen clinique, de prendre des notes dans un langage qui pourra être lu par des tiers (éviter les acronymes), notamment par la police et les juristes, de pouvoir échanger avec des collègues ainsi que de pouvoir faire appel à un centre de médecine légale vétérinaire, comme celui qui existe actuellement à titre pilote à l'Université d'Utrecht.

Extrait d’un article à paraître dans La Semaine Vétérinaire du 8/06/2018 n° 1767, pages 10 et 11

Anne-Claire Gagnon
1 commentaire
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Pierre David Gras, Vétérinaire le 25-06-2018 à 16:49:48
Bonjour

la maltraitance se cache là où on ne la voit pas
on parle beaucoup des élevages, mais je trouve tout l'aeropage mediatico-publique très peu loquace sur les concours hippiques : pensez vous vraiment que faire sauter un cheval plus de 1.80 m de haut avec les traumatismes consécutifs est-ce du bien être animal ?a t on évalué le stress d'un cheval avant qu'il saute, au moment où il saute et les lesions au moment de la reception voire de la chute ? un cheval ferait il naturellement un tel saut pour franchir un obstacle ??? vous direz que ce sont des athlètes entraînés pour ce faire et sous contrôle veterinaire. Mais tous les élevages sont sous controle vétérinaire et on parle de bien être surtout en élevage. De plus ces chevaux ont ils choisis d'être ces athletes qu'on leurs impose d'être??
je voudrais donc qu'on parle de et se penche sur le bien être pour ces catégories d'animaux.
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